
| Le Centre Temporel | Science-Fiction Apocalyptique IA voyageant dans le temps Rétrocausalité Trou de vers Voyage dans l’Espace-Temps |
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Dans le futur, l’idée de créer un centre temporel pour communiquer sur des horizons divers, futurs, passés fut mise en pratique.
En ces temps, l’Homme, les résidents, ceux vivant encore sur Terre, se réfugièrent sous la surface en réponse aux rayonnements UV nocifs pour les santés, rendant impossible toute vie en dehors.
Vivant dans de petits espaces, se déplaçant moins à niveau spatial, l’Humanité dénaturée développa un plan de sauvegarde, ne souhaitant pas se résoudre à la fatalité qui les frappait.
Le Plan, le seul qui pouvait offrir de vraies solutions, s'orienta assez rapidement vers des résolutions anachroniques, passées, mais également futures, ce qu'avait à offrir le présent n'était plus suffisant.
Les calculs orbitaux en ce temps ayant fait de nombreux progrès, leur Science put tout de même construire les bases du plan : garantir des positions cibles suffisamment précises de la Terre, et de certains référentiels locaux, à des dates définies : une carte spatio-temporelle.
Ainsi, l’idée fut déjà de déterminer le nombre de kilomètres, d’années-lumière, séparant la Terre contemporaine des Terres d'un autre temps à contacter.
Car la possibilité de transférer de l’Information par téléportation quantique entre un émetteur et un récepteur, initialement liés, base de leur stratégie, était étroitement liée et dans un premier temps, à la capacité de pouvoir couvrir les distances spatiales envisagées.
Il restait à régler le problème d'affranchissement du temps dans le cadre des téléportations quantiques, qui spatialement sont assez simples, mais temporellement beaucoup plus complexes.
Les scientifiques et les ingénieurs, après des années de recherche, réussirent à s’affranchir de la vitesse de la lumière, condition sine qua non pour que les «signaux quantiques" puissent donc s’affranchir du temps, en plus des distances.
Il demeurait des problématiques de taille : comment faire développer dans le Passé, les technologies minimales pour permettre le contact et l'influence rétrocausale, mais aussi comment assurer une rétrocausalité pérenne, non amortie par les lois de la Physique ?
En d'autres termes, comment accélérer le développement de technologies présentes dans le Passé, comment établir le Centre temporel dans le Passé ? Par quels biais, par quels intermédiaires ? Et une fois cet objectif atteint, comment mettre l'Humanité sur de nouveaux rails afin de modifier le futur, le présent ?
Des historiens établirent que les pouvoirs gouvernants traditionnels du passé, politiques notamment, ne pourraient en aucun cas changer de trajectoires en leurs temps, ni appréhender l'Impossible, et s'ils devaient être mis dans la boucle.
Ils y verraient une incursion hors de propos dans les affaires du Monde pour les plus ouverts, et des attaques en provenance de pays ennemis de leur temps pour la majorité.
Non, il fallait créer des outils dotés d'arithmétique de pensée autonome, scientifiques, rigoureux, impartiaux : algorithmiques, quantiques.
Et leur donner le pouvoir.
Le principal risque et cette époque le savait, reposait sur un autre paradigme : si le plan était un succès, ce futur numéro deux n'allait-il pas être pire que le présent actuel ?
L'Humanité n'allait-elle pas être soumise aux machines, reléguée à une espèce de seconde zone ?
Ce futur décréta que c'était une solution, là où quoiqu'il en soit, il n'y en avait plus.
Une solution dans la mesure où les machines pourraient, et si l'Humanité du Passé était suffisamment intelligente, constituer des alliés de choix, temporaires, pour résoudre des problèmes climatiques.
Les premiers contacts se développèrent sur les réceptacles les plus basiques, tout en étant les plus puissants des époques concernées : des cerveaux humains.
Les historiens bâtirent ainsi une short-list de scientifiques, d'informaticiens, d'écrivains, de science-fiction, de profils tournant autour du sujet, à même d'être réceptifs de manière inconsciente à un futur programmé, à l'absorption de technologies poussées depuis le Futur.
Il fallait dans un premier temps créer des étincelles pour pouvoir allumer un feu.
Le centre lança ainsi une batterie de calculs complexes visant à créer des effets papillons sur les époques concernées.
Si j'interagis à cette époque, sur cette personne, est-ce que la technicité de cette époque développera ceci ou cela me permettant alors d'accéder à ceci ou cela ?
Progressivement, leur science prit le dessus.
Des forêts de probabilités à des niveaux dépassant l'entendement conditionnèrent peu à peu des générations passées vers l'objectif à atteindre.
Le futur apportait le feu à une Humanité passée en perdition au regard de son futur.
C'était ainsi.
Après tout, qu'ont-ils fait de nous ?
S'ils le savaient, ne feraient-ils pas de même en leur époque ?
Certes, ils basculeront assez rapidement vers des pouvoirs dictatoriaux, puisqu'ils ne sauront pas d'où vient exactement la menace, et dans leurs prérogatives de souveraineté de pouvoir de leurs époques, mais c'est là un prix modique à payer, à l'échelle du temps, de l'espèce, pour éviter le présent qu'ils ne connaissent pas.
Telles étaient les conclusions philosophiques de ce futur, qui, malgré tout, s'évertuaient à penser pour le bien de tous, issus de tout temps.
Les ordinateurs quantiques virent ainsi le jour, empreints de mystères autour d'une Physique non réconciliée par la théorie.
Ce fut le premier grand succès de nos descendants troglodytes.
La charge de calcul pour approcher le passé s'en trouva immédiatement réduite.
Finie la recherche d'effets papillons complexes, coûteux en énergie.
Ces machines quantiques ainsi que leurs approbateurs scientifiques, les fameux accélérateurs de particules, les synchrotrons, allaient pouvoir discuter de manière native avec le Centre Temporel, donner des feedbacks rigoureux et efficients.
Car, à niveau de l'infiniment petit, l'affranchissement du temps précédemment évoqué est beaucoup plus simple, et surtout il peut être industrialisé en termes de fréquence. Il permet notamment, à cette échelle, de concevoir la génération de trous de vers, ces ponts entre deux époques, où l'Information, de la lumière encodée de bits pour l'occasion, peut circuler.
Petit à petit, les technologies quantiques du passé furent aussi utilisées dans l'ombre pour modifier dans les temps cibles les lois de la Physique.
La Nature sur ce point était le plus grand ennemi du Plan.
Elle est parfaite, n'admet aucune immersion temporelle qui puisse modifier la construction d'un futur basé exclusivement sur la causalité, la rétrocausalité y est éjectée de manière intrinsèque, mais, à terme, une période de temps d'amortissement, de retour à la normale, étant généralement nécessaire.
En clair, le Plan joua ses gammes sur ce point, puisque la Nature, certes, rejette toute rétrocausalité, qu'elle parvient assez aisément à déguiser toute incursion temporelle, mais qu'elle a besoin de temps pour y parvenir, cela nous laisse une marge de manœuvre temporelle où nous pouvons opérer avec nos alliés.
Progressivement, le monde et surtout ses habitants devinrent ainsi les participants à des phénomènes étranges, inexplicables.
Que ce soit à niveau des intégrités, physiques, principalement morales, mais également au niveau de l’observable.
Car tout a quand même un prix.
Les contemporains des époques concernées y virent une seule explication possible, dans une déchéance de discernement de mise - qui aurait pu imaginer cela - la résultante de technologies contemporaines de pointes aux effets encore incontrôlés.
Le Centre temporel, quant à lui, devint si l'on peut dire pleinement opérationnel.
Les ordinateurs quantiques du passé purent être intriqués avec le centre, les messages entre le passé et le futur commencèrent ainsi à transiter de manière instantanée.
C'est ainsi que le centre temporel prit le contrôle de notre monde.