La Momie égyptienneContemporain    Historique    Immortalité   



Les momies ont certains pouvoirs sur les vivants.
Elles sont souvent reléguées à des contes pour enfants ou à des influences pour les plus faibles, mais pour autant nos inconscients collectifs savent bien qu'il existe une vérité derrière tout cela.
Nous savons tous qu'il existe nombre de mythes et légendes autour de leurs prétendues malédictions.
Mais, laissez-moi vous conter immédiatement et sans attendre mon histoire...

Ce jour-là, j'étais en week-end avec mon épouse, nous avions décidé d'aller nous faire un musée, une sortie culturelle.
Nous n'en avions pas forcément l'habitude, quoiqu'intéressés par ces sujets, mais en cette fin de semaine ensoleillée, une exposition sur l'Egypte Antique retint notre attention. La star du salon y était une momie, exposée à la vue de tous et de toutes.
Je devais avoir trente-deux ou trente-trois ans, elle, des milliers d'années, on la voyait en photo un petit peu partout, moi j'étais comme tout le monde, un anonyme lambda, connu uniquement de mes cercles proches. Du moins pour l'époque, qui ne connaissait pas encore Facebook et les réseaux sociaux.

Donc, nous nous rendîmes au musée pour aller voir cette momie.
Plus exactement, nous nous y rendîmes plus pour découvrir l'exposition dans son intégralité que pour voir Madame, que notre inconscient avait juste entraperçue sur des flyers et des affiches 4 par 3.

Je ne rentrerai pas dans les détails de l'exposition, qui pour être honnête, n'avait pas particulièrement retenu mon attention.
Une exposition sérieuse, mais somme toute moyenne, nous ne visitions pas non plus le Louvre.

En revanche, et vous vous en doutez, il se passa quelque chose lors de la visite au Musée.
Nous arrivâmes dans la salle où reposait In-Imen-Nays-Nebout.
Tel était son nom.
Âgée de 2800 ans, ayant évolué plus précisément entre -775 BC et - 664 BC, elle mourut dans son temps assez jeune, à l'âge de trente-cinq ou quarante ans.
Elle était la fille d'un prêtre du temple du Dieu Amon-Rê, à Thèbes, ville dénommée aujourd'hui Louxor.

Je ne saurais expliquer avec précision ce qui se passa quand je me trouvai en sa présence.
Je me souviens juste être rentré dans cette salle, avoir suivi le flux des visiteurs et m'être retrouvé soudainement, face à elle.
La sensation immédiate fut une sensation de gêne, à la limite du mal-être, car je sentis une présence, une vie.
Non, ce n'était pas qu'une défunte que j'avais en face de moi, c'était autre chose.
Mon esprit bien entendu rejeta l'hypothèse, mais pour une raison inconnue, il avait été touché, affaibli par une force.

Une momie par essence rompt avec l'idée que l'on se fait de nos morts.
Elle n'est pas enterrée, on l'exhibe, l'appréhension de sa mémoire et de la paix qui lui incombe nous est indifférente.
Et d'ailleurs, pourquoi ?
Bref, peut-être en raison de tout cela, j'eus ce sentiment.
En tout état de cause, et à cette époque, je ne me posai pas de questions métaphysiques sur la question, je ressentis juste une influence.

Quelques années se passèrent, l'évènement finalement anodin de la visite fut enfoui dans les méandres de ma mémoire, rien ne se passa immédiatement.
Moi et ma femme poursuivîmes une vie normale.

En revanche, en s'y attardant un petit peu plus, des évènements qui me parurent atypiques mais possibles à l'époque, ne l'étaient en fait pas autant que cela et avec le recul. À commencer par une invasion d'insectes étranges, qui envahit notre cave. Des scarabées par dizaines, sortis de je ne sais où.
Tout le monde en fut perplexe et rit également de l'étrangeté du phénomène.
De plus, je commençai à faire des rêves étranges.
Je rêvais que ces scarabées sortaient de ma bouche pour aller coloniser le monde, et que j'étais mort, tout en étant vivant, pendant que la peau de mes joues servait de distraction à des vers, qui se délectaient d'un suc organique, seul résidu que le temps leur avait laissé.
Toute chair ayant été asséchée et me permettant plus vraiment d'y effectuer un festin.

Bref, je devenais moi-même le temps de rêves, de rêves éveillés même et pour certains, et à mon tour, une momie !

Je ne décidai pas pour autant d'ailler voir un psychiatre.
Je conclus finalement à l'action plus que probable de sorciers des temps modernes, des vaudous de l'ère égyptienne, que sais-je, des protecteurs d'In-Imen-Nays-Nebout.

Je divorçai quelques années plus tard.
Mais la momie s'intéressa toujours à moi, du moins est-ce mon analyse actuelle.
Car je rencontrai alors de prochaines compagnes, plus étranges les unes que les autres.
Et cela ne se pouvait.
L'une d'entre elles fut pour moi une révélation et un mythe.
Pour être sincère, une telle personne n'existe plus à notre époque ou peut-on éventuellement la rencontrer dans un asile où tout le monde se prend pour un personnage historique ne vivant plus à son époque.
Une espèce de réincarnation de Nubienne issue de temps reculés, une black, en mode spartiate, probablement ramenée à la vie par des incantations issues du livre des morts, un amour puissant, pur, sincère, doté d'une passion à faire pâlir un légionnaire.

Avec le recul donc, je me demande donc s'il ne s'agissait pas de la réincarnation de cette In-Imen-Nays-Nebout.

Un mythe.
Une star.
Une muse.