Le Monde OriginelScience-Fiction    Fantastique    Théorie de l’Univers Oscillant    Cosmologie Cyclique Conforme (CCC)   



Il y a 14,3 milliards d’années, quelque part dans l’Univers…

L’Univers, tel que nous le connaissons, n’a pas encore vu le jour. Le Big Bang n’a pas encore eu lieu. Un univers existe pourtant bel et bien. Il est semblable au nôtre à une exception près : il est sur le point de disparaître, et ce, en raison d’un phénomène cosmologique de contraction.

Sur plusieurs planètes dans une galaxie lointaine, la nature a bien fait des choses.

Elle a créé de multiples formes de vie, dont deux formes de vie intelligentes, pensantes. Beaucoup plus évoluées que nous, plus anciennes, elles ont connu une Histoire tumultueuse faite de conquêtes et de colonisations. Elles constituent le summum de l’évolution.

L’une de ces deux espèces est haïe, accusée par nombre d’espèces de systèmes d’exoplanètes de procéder à des pillages systématiques de ressources des mondes explorés.

C’est la forme de vie conquérante, destructrice et créatrice.

Ces êtres sont capables par exemple d’annihiler toute forme de vie de la surface d’une planète et de recréer en peu de temps de la matière, des reliefs, une faune, une flore, de la vie, par de simples pensées, jouant sur divers mécanismes complexes.

L’autre espèce est son inverse.

Peu conquérante, sage, dotée d’une connaissance plus aboutie, elle s’évertue à stabiliser un univers établi comme voué à la destruction d’ici peu ; destruction que réfute officiellement l’autre espèce arguant de manipulations scientifiques visant à provoquer le chaos dans leurs colonies et dans leur économie. D’après leurs dernières études, cette espèce sait que l’univers sera détruit puis recréé grâce à la somme des habiletés intellectuelles, psychiques des diverses espèces de l’Univers. Aussi multiplie-t-elle les recherches et impulsions scientifiques, actions diplomatiques, et ce, afin de trouver l’équilibre, l’héritage parfait à transmettre au futur Nouveau Monde.


Planète Cronus

Un être de l’espèce conquérante pénètre d’un pas rapide dans un espace sombre, vide, où des faisceaux lumineux semblent créer des modélisations d’espaces dans l’environnement.

Son apparence physique est des plus particulières : il est mi-homme, mi-poisson, d’une taille équivalente à 2m80 actuelle. Biologiquement parlant, il est le retour darwiniste de très vieilles lignées d’espèces ayant vécu aux Origines de la vie dans ce système solaire.

L’être se déplace assez rapidement ; un observateur terrien qui pourrait l’observer y verrait une forme humanoïde quasiment invisible altérant le spectre de la lumière avoisinante, ou encore une trainée de phéromones de forme humanoïde.

Le sens de la vue et l’appréhension de la réalité ont profondément évolué pour certaines espèces de l’ère où nous nous situons, et en particulier, pour les deux espèces qui nous intéressent ; aussi, faut-il penser à minima Nékrim pour s’imaginer cette scène et plus largement, pour mieux appréhender la suite de notre histoire.

L’être arrive en fait dans un lieu qui n’a pas encore d’existence dans l’espace-temps.

Une technologie lui suggère assez rapidement quelques configurations de lieux connus, considérées comme intéressantes pour la situation présente. À noter que cette simple manipulation semble déjà altérer le milieu environnant.

Tout va très vite, le Nékrim appréhende les configurations, choisit une configuration d’espace-temps, se souvient, grâce à un processus mémoriel spécifique, de la matière associée au lieu et matérialise le tout par un processus de création cérébrale qu’il serait trop aventureux de décrire ; par le tout, entendons sa propre représentation physique dans l’environnement cible et l’environnement lui-même.

Une fois dans l’Environnement généré, maintenant bien réel si l’on se place dans le cadre d’observation du Nékrim, ce dernier, s’étant tout bonnement déplacé dans l’espace-temps, se retrouvera dans une réalité « connectée » à d’autres espaces-temps ; il pourra consulter des informations provenant d’espaces-temps connexes, d’espaces-temps liés à cet environnement grâce à son sens de la vue et ses capacités cérébrales, qui lui permettent donc d’appréhender différemment la réalité.

Un Nékrim perçoit effectivement différentes réalités au sein d’un Environnement donné, tel un graphiste qui jouerait avec un système de calques sous un logiciel de création graphique ; les calques représentant un élément de compréhension supplémentaire issu d’un autre espace-temps, espace-temps d’ailleurs fréquemment futur, mais c’est là un autre sujet. L’intelligence visuelle et neuronale du Nékrim lui permet de faire le tri en temps réel des stimuli additionnels visuels à traiter afin qu’ils puissent être corrélés ou non au temps présent ou à un futur proche du temps présent. Aussi, un Nékrim fainéant intellectuellement pourrait percevoir une réalité simple, unique temporellement parlant, comme un être humain lambda, une réalité sans aucune signification intrinsèque.

Un Nékrim perçoit, en ramenant le tout à des normes scientifiques actuelles, une réalité parsemée d’indications visuelles issues d’intrications quantiques. Il ne s’agit pas de la vision d’un état quantique nécessairement proche, possiblement à venir, mais d’un état quelconque, plus ou moins lointain dont certains de ses éléments ressurgissent dans le temps présent dans une réalité transformée, confondue.

Le mode de pensée résultant d’un Nékrim est par voie de conséquence quelque peu différent de celui d’un être humain.
Pensée abstraite comme un être humain, alimentée par ses sens, mais pensée étendue grâce à l’observation d’un environnement appréhendé comme multitemporel, comportant du sens, intelligent. Un Nékrim, en observant le monde visible, pense situation présente, mais également passée ou à venir. Également, à contrario de l’être humain, le Nékrim utilise donc non seulement son esprit, mais également sa vue pour recueillir des informations intelligentes issues de réalités différentes, utiles pour affiner son raisonnement biologique. En fin de compte, son cerveau mixe le tout : imaginaire créatif, logique cérébrale à échéance, et chose atypique, stimuli multitemporels issus de l’environnement. Il analyse plus les choses, attache de l’importance à des éléments normalement confondus dans une réalité unique.

L’environnement constitue donc pour le Nékrim, un second degré d’intelligence sur lequel il peut s’appuyer pour obtenir des informations, réfléchir, prendre des décisions, et même communiquer.

Un simple autocollant présent sur une porte a potentiellement une signification non hasardeuse ; il peut constituer un message. Si c’est un message, le Nékrim l’identifiera ; ses yeux seront pilotés pour voir dans un premier temps l'autocollant, puis il comprendra un sens, sens extrapolé bien souvent : il le rattachera à d’autres notions, idées, issues d’un épisode temporel autre, pour le décoder.

Il s’agit d’un jeu de saute-mouton temporel ; l'autocollant n’a pas fait de saut physique dans le temps, il n’est pas apparu soudainement ; le Nékrim sait juste qu’il s’agit d’un message, c’est cette simple identification qui crée le côté temporel de la chose : un langage visuel dans une géographie temporelle.

Le niveau d’Information offert par l’environnement à un Nékrim est variable d’un individu à un autre, tout comme le cerveau humain et son QI. Plus un Nékrim est intelligent, plus il perçoit de détails spatio-temporels, moins il l’est, moins il en perçoit.

Une vision humaine défaillante ou éveillée y verrait des indices statiques, des objets, des manifestations d’une vie en mouvement, de la matière présente, une certaine normalité en somme, mais une normalité composée d’éléments rattachables par une démarche intellectuelle, à un évènement temporel. Une vision humaine normale synthétiserait l’Information et placerait ces éléments dans un inconscient sous-estimé.

Si l’on devait faire un parallèle, on pourrait bel et bien parler d’une réalité augmentée non artificielle, proche des technologies qui existent à ce jour, bien qu’aucune technologie ne soit utilisée dans cette extension intellectuelle ainsi décrite. L’un des mécanismes repose sur un simple mécanisme de hasard chaotique qui fait fixer le regard du Nékrim sur un élément de matière issu d’espaces-temps qu’il peut alors percevoir ; cet élément étant alors donc interprétable par le Nékrim et pouvant alors s’inscrire dans son mode de pensée.

La notion existentielle de mort est très bien gérée par le Nékrim ; notion de mort étroitement liée à son mode de pensée et de vision multitemporelle qui, à un moment donné, laisse tout être intelligent devant un paradoxe quant à la réalité de son existence. En fait… au regard de tout cela… Suis-je en vie ou suis-je mort ? … Suis-je réellement existant dans cette réalité présente ou ne suis-je qu’un témoin non invité ?

Le Nékrim en fait ne se pose plus vraiment la question, il s’en désintéresse quelque part ; cette capacité est non seulement devenue innée, désormais inscrite dans son intelligence d’espèce, mais si l’on devait l’expliquer, sa rationalité en fait est telle que quand cette interrogation se présente, il ne ressent pas le besoin de disserter sur la question ; qu’importe, il vérifie instinctivement le résultat de ses sens, teste diverses propriétés, certaines logiques causales et en conclut qu’il est en vie.


Planète TerraBlue – dans un vaisseau en orbite

Le Nékrim arrive à grands pas dans une salle circulaire qui s’est matérialisée au fur et à mesure de sa progression. D’autres Nékrims apparaissent à leur tour dans l’Environnement cible alors que notre protagoniste principal s’adresse déjà à eux.

[Transcription phonétique des échanges Nékrims]

- Engagement possible de la récolte ?
- Oui Monsieur, autochtones réfugiés sous terre, répond l’un des Nékrims d’une voix grave, profonde et antique.
- Parfait. Engagement du processus.

Les Nékrims, au nombre de sept, se disposent alors en cercle, dans une répartition homogène, sur la base d’un cercle coupé en huit secteurs où seule une place n’est pas occupée ; vue du dessus on pourrait y voir une représentation géométrique incomplète. Ils y prennent à peine place que leurs apparences physiques dans l’Environnement initial se transforment déjà en halos type Doppler.

Quelques secondes plus tard, dans un vaisseau spatial, en orbite géostationnaire autour d’une planète tellurique, le petit Groupe réapparait et commence à effectuer des gestes dans l’environnement restreint. Pas de console ou de technologie particulière apparente qui pourrait justifier de ces gestes. En face d’eux sont juste disposées dans l’écrin des parois intérieures du vaisseau, des tables sculptées de milliers de symboles. Aussi, les Nékrims semblent-ils effectuer des mouvements machinaux désignant au final certains symboles. Une force en fait les guide, les symboles semblent constituer quant à eux des retours d’information possibles, voire des informations intrinsèques, constituant un support pour leur pensée évoluée.

Sur la surface de la planète, c’est l’Apocalypse. Des vents violents viennent d’apparaitre, balayant tout sur leur passage. Cette planète, à l’instar de nombreuses autres planètes, a connu une évolution assez banale : bombardement météoritique, impacts de comètes, présence d’eau, apparition de cyanobactéries, d’organismes monocellulaires, d’organismes pluricellulaires, de formes de vie primitives, de formes de plus en plus complexes, enfin de formes intelligentes, autonomes qui ont évoluées, mutées puis qui se sont autodétruites et enfin réfugiées sous terre.

C’est donc à ce moment précis que les Nékrims interviennent, à cette étape du schéma évolutif typique.

Leur mission est assez redondante et classique : Assainissement de l’atmosphère ; en général des armes rudimentaires conçues par les autochtones ou les conséquences de leurs actes ont rendu la planète toxique et impropre à la survie d’organismes primaires ; assainissement des souterrains, la « récolte », où tous les êtres qui s’y sont réfugiés sont extraits puis désintégrés ; et citons enfin, la création de la nouvelle espèce, étape importante du processus, qui survient juste après les opérations d’assainissement, à l’image d’une recomposition de flore intestinale.

Durant cette étape, le fruit de la création originale de la planète est tout d’abord associé par un processus complexe à un Nékrim pour donner lieu à un mutant doté de nouvelles capacités auto évolutives, grégaires et moins belliqueuses. À noter que les récoltes sont cycliques. Les premières générations de mutants étant bien souvent insuffisantes pour la création d’une génération aboutie.

Les capacités des Nékrim sont donc sans pareil sur la Matière à l’image de ce qui se déroule en ce moment à la Surface de la planète. Seuls sept Nékrims suffisent à re-terra-modeler Faune et Flore, fruits d’une évolution lente et complexe, d’une planète vieille de quelques milliards d’années.

Voilà quelques heures que les Nékrims sont à l’œuvre. Leur travail est quasiment terminé, il leur reste maintenant à transférer dans la mémoire d’espèce des nouveaux êtres, certaines connaissances afin que leur nouvelle création intelligente puisse créer, bâtir, innover à leur image, avec leurs propres moyens et limites, afin d’optimiser la prochaine récolte.


Planète Zorg

À quelques années-lumière de là, dans une structure intestine, la deuxième forme d’intelligence aboutie résiduelle, évolution avancée des intelligences traditionnelles, a également résisté à la sélection naturelle, mais pas totalement aux attaques hégémoniques des Nékrims.

D’apparence Alien, ces êtres de petite taille, de un mètre quarante environ, ont subi une évolution biologique des plus étranges. Issus de la mer, là serait le cynisme si l’on devait les comparer aux Nékrims, ils ont évolué progressivement dans une première période, vers une lignée de primates mi-hommes, mi-singes, puis vers une évolution très ressemblante à nos Homo-Sapiens ; ensuite leur peau s’est assombrie du fait de conditions atmosphériques ne filtrant plus correctement les rayons de leur étoile, leurs sens se sont développés également en raison de leurs activités quotidiennes principalement intellectuelles, de plus grands yeux, plus ou pratiquement plus de cavités buccales, la pensée remplaçant la parole en termes de communication ; ils sont devenus également plus petits qu’à l’apogée de leur évolution, et ce, toujours en raison de leur mode de vie, plus sédentaire, plus assis, moins dynamique, leur espèce s’est mise à vieillir du point de vue physique au profit d’un intellect plus développé.

Ils constituent l’ennemi à maîtriser, à éradiquer dans le programme Nékrim.
Même si les Intus demeurent la seconde espèce dominante, nombre d’entre-deux sont devenus leurs esclaves, leurs serviteurs.

Les Nékrims les craignent, ils sont terrorisés par leurs pouvoirs psychiques.

Les Intus disposent en effet d’une intelligence dotée d’une sagesse aboutie, qui leur apporte une influence et une énergie notoire sur les Nékrims, qui de plus, est fréquemment antinomique quant à leurs intérêts conquérants.

Aussi fut-il décidé de leur élimination ; les Intus, bien évidemment, voient les choses autrement.

Ils ont ceci dit cette réserve, cette intelligence qui fait défaut aux Nékrims et actent pour le bien de l’Univers sans se soucier de leur propre préservation. Ils peuvent pour autant être de vrais barbares quand leur quête l’impose.

Des milliers d’études lancées par leurs soins sont formelles : le monde actuel est bel et bien voué à être détruit. N’y voyant aucun fatalisme ni tristesse, ils savent que le Nouveau Monde sera, à l’instar des cycles cosmiques, meilleur dans l’absolu sous couvert d’une transmission d’existants pluridiversifiés.

Origine, Expansion, Contraction, Destruction, Origine, Expansion, Construction, Destruction… le cycle est immuable. Ainsi tourne l’Univers depuis des centaines, des milliers de milliards d’années.

Des études approfondies ont effectivement démontré que le monde serait un perpétuel recommencement à des niveaux de réalité alternatifs. Chaque nouvelle occurrence créatrice de l’Univers constituerait une amélioration de la version précédente de par la somme des acquis passés.

Ainsi irait la valse temporelle cyclique de l’Univers : un sablier cosmique ; le haut du sablier, un univers n-1 transmettant au bas du sablier, à l’univers n, sa nouvelle itération ; univers n attendant à son tour la fin de son cycle pour transmettre à un univers n+1 et ainsi de suite, à l’infini.

Dans chaque occurrence et selon eux, une intelligence destructrice serait présente à chaque changement de cycle pour tenter de limiter l’apport à la génération suivante.

Aussi les Intus essaient-ils de limiter l’action des Nékrims, trop axée selon eux sur le court terme et leurs propres intérêts, conscients toutefois de leur utilité courante : sans destruction, transformation, pas de création future.

- Il serait opportun de ralentir les processus de colonisation.

Cette pensée Intus est immédiatement propagée aux Nékrims alors que ces derniers sont en train d’achever leur nouvelle forme de vie.


Planète TerraBlue

L’un des Nékrims s’énerve lors de la phase de transfert finale.
Les autres lui emboitent le pas.
Ils ressentent l’influence Intus qui essaie de limiter leur action.

- Transfert finalisé, lance l’un d’entre eux.
- Transfert finalisé.
- Transfert finalisé.
- …

Tour à tour, ils confirment la finalisation de la mémoire d’espèce d’une nouvelle forme de vie des plus singulières.

Ils l’ont créé avec une intention prédominante : qu’elle soit autodestructrice pour elle-même et son écosystème sur une échelle de temps cosmique réduite. Elle se développera, évoluera rapidement, s’autodétruira et laissera probablement place en fin de chaine évolutive à une autre forme de vie artificielle, car ces nouveaux êtres sont dotés d’un instinct de survie et d’un égo surdimensionné.

À ce stade du cycle, cette création constitue l’achèvement, la concrétisation d’une Vie préadaptée en harmonie avec son macro-environnement actuel. Elle sera bien entendu détruite d’ici peu, mais l’Information transmise lors de la panspermie finale sera inestimable pour le monde futur, du moins ce qu’estiment les Intus dans une approche systémique.

Conquérante, avide de connaissances, destructrice, impétueuse, dotée d’une adaptabilité biologique hors norme dans sa phase d’évolution primaire, elle permettra pour sûr à ses descendances artificielles, et selon les Nékrims, des colonisations et des destructions pérennes : une future nouvelle vie gigogne en harmonie avec ses mondes originels, avec ses maitres.


Il y a 13,8 milliards d’années

Le Big Bang tel que nous le connaissons est à l’œuvre.

Le monde originel est totalement contracté, toutes ses informations fusent dans un chaos préordonnancé et sont transmises au Nouveau Monde, à notre univers actuel.

Un flux incessant complexe alimente cette nouvelle chaudière cosmique qui est sur le point d’exploser.

Les Nékrims ont préféré déserter en grande majorité le monde originel pour le monde Noir, laissant juste à la Loi universelle quelques-uns de leur espèce, les Intus quant à eux ont préféré la voie intégrale du sacrifice pour les générations futures.

La vie telle que nous la connaissons sera rare au départ dans le nouvel Univers, mais sera recréée et se développera de manière exponentielle à partir de certains moments clés. Les Intus ont prévu des colonisations initiales lentes, mais massives grâce à la conjonction hasardeuse de certains objets stellaires, planètes et comètes principalement, les comètes jouant alors et dans ce cas de figure, un rôle inséminateur incontournable.

La vie devrait se développer également autrement en dehors de la matière ordinaire, mais sera imperceptible pour les formes d’intelligence basiques, au plus devraient-elles ressentir leurs présences invisibles. Les Nékrims ont fait en sorte d’envahir ce monde de matière noire, d’énergie sombre, grâce à des espèces adaptées, supérieures. Les Intus quant à eux ont tenté de doter ce monde d’un rôle régulateur où métriques cosmiques agissent pour le bien de l’expansion.


Planète Cronus

Revenons au temps présent qui nous intéresse. Celui du Monde Originel.

Un Nékrim revient du point de contraction ultime, du futur instant zéro ; il se reconstitue rapidement se déplaçant, prend place dans ce qui semble être une Assemblée de Nékrims ; de hauts Dignitaires siégeaient en cercle attendant sa venue.

- Dites-nous.
- Le Processus semble correct. Quelques corrections à apporter.

Une multitude d’informations sont propagées par le voyageur dans l’environnement restreint du petit comité. Ils communiquent peu, ils lisent des symboles, interprètent, déduisent ; le flux d’informations appréhendé en un court laps de temps est inconcevable. Plus le flux d’informations est diffusé, plus l’environnement de l’Assemblée semble s’agrandir, comme une pièce qui s’étendrait de manière exponentielle, dans un infini fini.

- Effectivement… lance un Haut Dignitaire.
- Début des corrections ?
- Statuons dans un premier temps.
- Oui, procédons au vote.

Alors que le Vote est en train de s’opérer, un autre Nékrim fait son apparition.

Les Nékrims de l’Assemblée sont terrorisés.

- Monsieur… Nous vous attendions… lance l’un des Nékrims.

Le Nékrim lève la main en guise de stop.

Celui qui a pris la parole a alors son champ de vision perturbé, des signaux lumineux semblent l’hypnotiser. Il rentre dans un état de stase temporaire qui obsède son attention.

- Je n’en Doute aucunement, rétorque le nouvel arrivant.

Le Nékrim sous contrôle se retrouve alors lévité à trois, quatre mètres de haut, figé, immobile, le torse raidi, incapable du moindre mouvement ; ses facultés intellectuelles et psychiques sont quant à elles également dégradées, en stand-by.

- Reprenez, lance le Marquis, libérant sa proie, s’adressant aux autres.
- Vote pour corrections.

Dans l’Environnement, une trentaine de systèmes planétaires qui ne font partie du programme de récolte font leur apparition.

- Détruisez ces insectes ! Je ressens leurs atmosphères nauséabondes !
- Bien Monsieur…


Planète Gem4

Système Planétaire XIO. Système habité, 50 milliards d’unités de vie.
Planète Gem4.
Planète à détruire dans le programme fraichement établi des Nékrims.

La vie sur cette planète verte ressemble à celle de notre Terre.
Une espèce intelligente type homo sapiens prédomine, des espèces animales coexistent.

D’un stade plus avancé que nous, l’espèce a la particularité d’être liée à une autre espèce située à des millions d’années-lumière de là. Ils vivent leur vie sans en tenir compte pour autant, mais leur technologie leur a révélé.

Plusieurs civilisations existent sur Gem4, axées pour certaines sur un rapport à la nature plus important que nous. Au lieu de domestiquer une nature hostile, cette forme de vie a préféré, et pour faire simple, rentrer dans une prise en compte naturelle de son environnement.

En parlant de leur environnement, il est à noter que les lois physiques y sont quasiment identiques aux nôtres, mais avec de légers deltas. Un être humain qui y évoluerait aurait une sensation d’écrasement, de force ambiante générale, probablement lié à une pression atmosphérique légèrement supérieure à la Terre, une gravité accrue ou une conjonction des deux. Une autre force probablement est à l’œuvre dans ce monde, une sorte de Gravité générale, directement perceptible en revanche. Tout semble donc plus dense, plus pesant.

L’espèce intelligente a des capacités spécifiques qu’il est bon de noter tel que le contrôle des animaux.
Un chien aboyant par exemple, arrivant menaçant sur l’un ces êtres, se trouve immédiatement rabroué si ce dernier le décide ; l’espèce intelligente domine les animaux y compris dans les oppositions physiques ; la psyché de l’espèce intelligente domine celui des animaux, et a un effet direct sur les corps et leurs mouvements de ces derniers, c’est ainsi sur Gem4.

Dans leur environnement, il est également à noter que des êtres invisibles se déplacent et sont visibles à l’occasion. Difficile de déterminer avec exactitude le pourquoi pour un non-habitant de Gem4.

Dans les croyances de la planète ou plutôt dans les lois scientifiques, le monde de Gem4 n’est pas comme le nôtre à ce niveau (une croyance sur Gem4 est une Loi scientifique, mais n’y voyons pas ici quelconque signe de civilisation primitive ou ésotérique, il s’agit d’une Culture du Savoir et de la Connaissance différente), il s’agirait d’un phénomène physique qui montrerait les mouvements corrélés d’êtres de l’espèce liée. Une partie d’eux-mêmes se retrouverait sur Gem4 après qu’ils aient pris conscience de la possibilité de l’existence de la planète, et d’une autre forme de vie, et surtout après avoir imaginé qu’un être de Gem4 puisse avoir les mêmes déplacements qu’eux, la même vie en somme, au même moment, dans un endroit différent. Ils sont encore bien présents sur leur planète d’origine pendant l’observation de ce phénomène, mais en phase de transit, et en stase ; par stase, entendons dans un état intellectuel les laissant sans vie. Le transit peut être effectué sur les intéressés, mais également sur l’un de leurs jumeaux, mais on rentre là dans des détails superflus.

D’autres croyances des habitants de Gem4 sont encore plus incroyables.

Des êtres antiques auraient été capables par leur seule pensée de contrôler et ressentir des objets stellaires ; détournement d’une comète de son orbite, ressenti de l’attraction des lunes les plus proches de Gem4, déviation et risque de collision de bolides interstellaires, etc.

Pour certains habitants de Gem4, il s’agit là d’une Vérité et non d’une Croyance. La nuance est subtile.

Plusieurs cas de ce type auraient été constatés dans l’ère moderne. Le pourquoi de la chose est plus troublant. Pour certains, il s’agirait là encore des effets d’expériences de pensée et de l’Importance et la Réalité possible de la Pensée sur le tout Cosmique.


Planète Gem4 – Dans un village

Dans un village, des enfants en bas âge sont en train de jouer à un jeu très répandu sur cette planète.

Le jeu est une course d’insectes capturés pour l’occasion ; ces derniers poussent devant eux une sorte de boule d’herbes, les enfants parient quant à l’Insecte qui ira le plus vite. À la fin du jeu, en général, les enfants et quel que soit l’issue du gain, mangent de bon cœur leurs prises.

La végétation est très luxuriante là où ils se trouvent, et ce à perte de vue.

Ils sont en pause en ce moment, ils reprennent l’école d’ici peu.

- Mais, hé ! Tu triches ! lance une fillette d’une dizaine d’années.
- Tais-toi ! À chaque fois tu dis ça, tu mens ! Arrête de mentir sinon tu partiras sur Kalindra ! rétorque un garçon du même âge.
- Mais toi : tais-toi ! Pourquoi tu triches comme ça ? Tu n’as pas le droit de le pousser !
- Je ne le pousse pas, il avance plus vite que le tien, ça n’est pas de ma faute, hé !

Ce qui choque dans cette société, c’est la non-uniformité technologique.

Les habitations où vivent les autochtones semblent d’un autre âge, archaïques au possible, aux formes plutôt arrondies, elles sont également peu visibles à cause de la végétation ; à côté de cela, fréquemment, sortis de nulle part, de petits vaisseaux spatiaux ultramodernes traversent le ciel rapidement, ils sont quasiment invisibles tellement ils vont vite, mais sont en grand nombre. À noter que pour pouvoir embarquer à bord de l’un de ces vaisseaux, il faut ingurgiter au préalable une solution bleue. Son intérêt est de veiller à la conservation et au bon fonctionnement des organes, lors des phases d’accélération et de décélération du vaisseau, et pour d’autres raisons médicales également inhérents aux voyages spatiaux.

Les habitants de Gem4 globalement, aiment bien voyager, explorer individuellement ou en famille, de Nouveaux Mondes lointains.

Alors que les enfants jouent, un spectre translucide, lumineux passe à quelques mètres d’eux.

Il s’agit en fait là d’un Nékrim non encore présent dans l’Environnement courant, qui sonde à distance l’Environnement de Gem4. Peut-être souhaite-t-il y faire un saut ? Peut-être a-t-il juste besoin de récupérer quelques informations quantiques disséminées par ci et là ?

Un des enfants en train de participer au jeu le remarque. Le Nékrim le repère à son tour, plus exactement note une information quantique intéressante et décide de l’attirer à lui. Son spectre invisible l’entraine aux abords d’une habitation. L’enfant, intrigué, au départ craintif, s’avance vers lui. Cet enfant n’est pas rassuré, il n’a jamais vu telle chose devant ses yeux. Soudain, il s’agenouille, se met les mains sur la tête, un mal de tête violent lui paralyse le crâne, la peau sur son visage commence à tirer, comme irradiée par une substance inconnue, son nez également le gêne ; un phénomène parasite son activité biologique.

Le Nékrim vient de décider de faire un saut sur Gem4.

L’Environnement de destination est quelque peu perturbé avant son arrivée effective. C’est comme une déconstruction de l’Environnement, comme si un dessinateur gommait une partie de son œuvre, pour la recréer et y rajouter un personnage.

L’enfant va mieux, le mal de tête était temporaire, lié au saut temporel du Nékrim, toujours intrigué, il se demande sur qui il va tomber, sentant une réelle présence inconnue, si la légende que lui a racontée sa grand-mère va s’avérer vraie. Il s’attend à tomber sur son sosie. Il ne sait pas pourquoi il pense cela, mais ça le terrorise. Il se dit que c’est dangereux et prie pour qu’il s’agisse de quelqu’un d’autre. Au dernier moment, il se défausse peureux et court dans la direction opposée pour rejoindre ses amis.

Le Nékrim apparait quelques secondes plus tard…

Les habitants de Gem4 adulte sont de petite taille, 1m60, 1m65 en moyenne, face aux 2m80 du Nékrim, nul besoin de préciser le choc que constituerait une rencontre si l’un des enfants venait à croiser le Géant.
Leurs espèces de plus ne sont pas biologiquement compatibles pour une rencontre, si un habitant de Gem4 avait la bonne idée de vouloir passer une soirée avec un Nékrim, il tomberait non seulement rapidement dans les paumes, mais aurait également une bonne gueule de bois pendant quelques années.

- Gem4 est parfaite, s’exclame-t-il dans un monologue avancé, d’une voix caverneuse, enrouée, forte, antique.

Alertes, les yeux du Nékrim balayent très rapidement à 180° l’environnement à la recherche d’indices et de l’enfant.

Le Nékrim n’en retire au passage que très peu d’informations non encore connues : quelques confirmations sur la date de contraction finale de l’univers en regardant le mur d’une habitation, qui lui semblait d’ailleurs bien minuscule au passage du regard ; date probablement issue de la connaissance inconsciente des érudits locaux et très approximative pour le coup.

L’Environnement local où a atterri le Nékrim est redevenu quasiment stable. Les Halos lumineux multicolores qui précédaient sa venue ont disparu. La brèche tripode, tel est le qualificatif donné au phénomène physique lumineux qui peut être observé lors de l’arrivée des Nékrims lors de voyages spatiotemporels, s’est refermée ; le ciel a repris sa couleur normale et son aspect brumeux habituel.

Le regard du Nékrim s’attarde aux abords de l’habitation, il sait que l’Enfant est non loin de là.

À quelques pas de là, un feu, une fumée abondante attire également l’attention de notre protagoniste.


Planète Gem4 – Non loin du site d’arrivée du Nékrim

Des Intus ont suivi le chemin temporel emprunté par le Nékrim.
Dans une clairière, une poche amniotique de forme intestinale fait son apparition.

Le Nékrim ressent immédiatement sa présence. Il sait que sa mission peut être compromise, que son esprit pourrait être parasité si les Intus à proximité décidaient d’un transfert. Il s’accroupit, médite afin de bloquer une éventuelle interférence neuronale puis se prépare à un éventuel combat.

La poche s’étire formant comme un ver longitudinal avec une tête à l’une de ses extrémités et se met à se déplacer rapidement sur un sol sableux : elle a repéré une série d’amphores non loin de là.

Elle s’introduit, se divisant pour l’occasion, dans des jarres à deux anses ; quatre ou cinq récipients de forme archaïque s’illuminent alors par intermittence.

Non loin de là, un habitant de Gem4 sort de sa maison comme téléguidé, il tient en main une arme, dans son dos sont logés deux couteaux, il commence à initier un monologue quelque peu haineux, plutôt combattif si on s’y attarde, dans un langage inconnu. Sa force mentale vient d’être décuplée, comme si un hôte non invité, un parasite venait de prendre possession de son esprit et de son corps. Quelques minutes auparavant, cet habitant se reposait tranquillement dans une sorte de canapé puis plaça, pour une raison inconnue, ses bras en croix sur son torse, se leva brusquement, attrapa son arme et sortit de chez lui.

Le radar de la ville l’a immédiatement détecté.

Le radar en question est un joyau de la haute technologie de Gem4 : il s’agit d’un radar optique visant à prévenir de tout délit, crime par correction cérébrale. Son fonctionnement est des plus complexes et des plus archaïques, la Société de Gem4 est des plus paradoxales.

Le radar fonctionne de la manière suivante : quand un des habitants est sur le point de commettre un délit, un crime ; il est dans un premier temps repéré par un système de surveillance, mis en place il y a quelques milliers d’années ; nous reviendrons sur ce point des plus étranges qui trouve une explication dans l’Histoire de la planète. Une fois repéré, un signal est envoyé au radar, le radar émet alors de courtes impulsions électromagnétiques récurrentes et incessantes qui ont pour effet de rendre instable l’activité cérébrale de l’habitant identifié. Celui-ci s’énerve alors, crie, hurle, ce qui facilite le travail des contrôleurs qui, sinon, ne se rendraient compte de rien.

On pourrait se dire que la Société de Gem4 traite ses habitants comme des animaux, et qu’elle se considère, en extrapolant, comme une Société Primitive ; vu de la Terre, on serait rapidement tenté de crier au « Crime contre L’Humanité », mais pour eux, il n’en est rien. C’est accepté, tout le monde ne trouve rien à redire à cela.

Dans le cas présent, les impulsions décidées ont été différentes. Un ordre de neutralisation a été émis.

Il est effectivement sorti de chez lui avec une arme et est sur le point de commettre un crime. Il faut intervenir vite. L’Habitant qui n’est plus lui-même, n’est pas bien entendu du même avis. Surtout et en fait, c’est son « parasite » qui n’est pas du même avis.

Mais revenons sur la nature de ce parasitage. Il s’agit d’un parasitage électromagnétique contenant une intelligence passée. L’habitant est comme recouvert du spectre humanoïde, invisible, de cette intelligence. L’hôte et son parasite ne font alors plus qu’un. Il s’agit là d’une croyance des plus archaïques, mais qui, il faut bien l’admettre, a fasciné pendant longtemps tant cette technique était incroyable en son temps : on parle bel et bien ici d’une forme primitive d’immortalité découverte en des temps improbables.

L’Habitant est chanceux : il dispose quelque part d’une protection contre tout phénomène électromagnétique technologique.

Le Laser s’active et effectivement, il n’est d’aucun effet sur notre habitant, qui continue imperturbable sa marche martiale.


Planète Cronus

En matière de croyances, les Nékrims ont depuis longtemps abandonné « l’idée primitive d’attacher leur intellect à d’autres intellects autour d’une croyance ». Ils sont donc tous et si l’on devait faire un similaire avec les croyances terriennes, pour la plupart athées ou agnostiques et se considèrent plus volontiers comme des Dieux, à considérer comme tel.

Les Anciennes fables sont encore toutefois largement étudiées notamment dans l’éducation des jeunes Nékrims. « Elles sont porteuses de Paix et de Valeurs qui sauvèrent à de nombreuses reprises la planète du désastre ».

C’est grâce à ces fables également que de jeunes Nékrims auraient découvert leurs origines oubliées.

Les premières formes de vie sur Cronus ne seraient pas celles que l’on croit. Les premiers êtres seraient en fait des hybrides, mi-homme, mi-animal comme l’avaient compris les premières religions croniques. Les Nékrims qui pensaient être le fruit d’une longue évolution quelque part défaillante, de par ce retour inconcevable à une mixité animale, découvrirent donc récemment qu’ils étaient peut-être en fait similaires en de nombreux points aux premières formes de vie de Cronus ; un retour aux origines de l’espèce en quelque sorte après que la Nature ait expérimentée durant une éternité, toutes les formes de mutation, d’évolution possibles. C’est comme si le fil du temps n’avait servi à rien, si ce n’est à adapter l’espèce pour que quoi qu’il en soit, au final, elle revienne à son point d’origine évolutif, du moins à niveau strictement physique.


Planète Zorg – Dans un Laboratoire scientifique – dans le passé

Des Intus sont en train de s’affairer autour d’une table d’opération bizarrement moderne.

Nous sommes dans un laboratoire scientifique, situé dans un temple souterrain localisé en contrebas d’une zone plus étendue ; d’apparence assez ancienne, des colonnes assez espacées délimitent la surface utile de cet espace, qui est quand même d’une superficie assez conséquente, la table est en son centre.

Il fait très sombre, quelques sources d’éclairage viennent perturber le noir absolu du lieu.
On pourrait parler d’un capharnaüm en tenant compte de certaines colonnes présentes au sol.

Sur la table est présent un Intus de Haut Rang, il est solidement attaché et mal en point.
D’autres Intus sont en train de le disséquer vivant. Ils ont besoin de vérifier certains points. Il s’agit là, semblerait-il, d’une démarche scientifique.

- Vous mourrez tous primates ! Moi et ceux de ma caste allons vous exterminer ! Ah… ! Non… !

Un laser en train de tronçonner la boite crânienne de l’Intus finit de l’achever. Il meurt dans un dernier soupir alors qu’une giclée jaune-verdâtre abondante s’échappe, inondant l’environnement d’un liquide puant. Son corps se transforme également : il passe d’une forme Homo-Sapiens à une forme lumineuse.

- Notre Roi traverse en ce moment l’autre monde… Regardez son corps !
- Il va rejoindre d’ici peu les étoiles…

L’environnement sonore de la pièce est des plus particuliers : on croirait entendre le bruit du vent mélangé à des chuchotements basse fréquence bien audibles, le tout psalmodié.

Des Intus vocifèrent des incantations, des prières destinées au monde des morts.

Un Intus fait son apparition dans la zone du temple. Il est habillé de vêtements cérémonieux, apparemment il s’apprête à réaliser une opération à haute valeur symbolique.

Il attrape rapidement quelques outils et commence son travail. Il est ici pour éviscérer le corps. Le but de la manipulation est de rendre immortel l’Intus, d’où les incantations avant et après la mort du cobaye.

Le Corps de l’Intus est mort, son âme et c’est là le meilleur qualificatif que l’on peut donner, est comme capturée. Elle est sauvegardée, avec une formule secrète associée qui pourra être réutilisée même dans des millénaires. C’est là le but premier de la Cérémonie et de la démarche scientifique, appréhendée comme telle et à raison, en ces temps reculés.

Dans le cas présent, les Intus ont un autre objectif : espérer que dans le prochain Univers, l’Univers n+1, révélé par leur défunt, qui ne correspond ni plus ni moins à un futur plus ou moins lointain, ils pourront le ramener à la vie, ramener à la vie une forme de vie royale passée. Dans l’intervalle, et dans leurs croyances, l’âme de l’Intus habitera les cieux.

La torture effectuée sur l’Intus avant sa mort, n’est pas un acte de sadisme, du moins n’est-il pas perçu comme tel. Il s’agit ni plus ni moins comme dit d’une démarche scientifique, dont l’Intus sera quoi qu’il en soit le bénéficiaire, puisque devenant par la même occasion immortel.

Telle est la théorie. Dans les faits ; il est bien évident que certains Intus enviant la condition du Cobaye, viennent de se faire plaisir depuis pas moins d’une demi-heure. Même si la souffrance occasionnée avec la mort faisait partie du processus, de la démarche, il n’en demeure pas moins vrai que certains Intus en ont retiré une certaine satisfaction. Le Pourquoi est assez évident. Certains Intus présents ont dû subir les actes du mort et de sa supériorité sociale durant des années.

Une chose est bien réelle : de son vivant, l’Intus décédé était différent, ses semblables le ressentaient. Il était d’ordre divin. Il avait eu cette relation privilégiée avec son Environnement et le Cosmos plus largement, à l’instar de tous ceux de sa lignée. Il utilisait également des technologies peu comprises en ces temps reculés. Il comprenait la liaison qui l’unissait au Grand Tout, le mimétisme structurel du cerveau avec le cosmos et plus largement, la volonté des Dieux. Il était le fils des Dieux sur Terre.

Un autre point, et pour en revenir à l’opération, est bien réel : l’Intus était préparé à cette mort abominable. Elle n’est que la continuité d’une vie réprimée, isolée du fait de son rang, où rapports entre vie et mort lui avaient déjà ouvert des portes insoupçonnées, où son immobilisme de vie entretenu était gage de santé de son Ba, de son énergie de déplacement, utile post-mortem.

En ce moment précis, l’âme sauvegardée de l’Intus, une densité électromagnétique, qui a un poids, certes négligeable, mais bien réelle, s’échappe du temple à grande vitesse, via un tunnel spécialement étudié pour l’occasion, elle est programmée pour rejoindre un point originel situé dans la Constellation d’Orion. Son âme a fait un passage éclair dans le Monde des Morts juste après son dernier souffle, puis elle s’est immédiatement échappée : l’homme connaissait parfaitement ce monde à éviter du fait de ses quelques voyages de son vivant et ses prêtres ont également fait en sorte que, laissant son corps.

Dans des centaines d’années, des millénaires, voire même dans une éternité, elle pourra revenir, parcourir le trajet inverse pour reprendre vie dans une autre forme corporelle. Les retours spontanés sans appel à la formule existent, mais sont beaucoup plus rares, une conjonction spécifique étant requise.


Planète Gem4

Le Nékrim est surpris, il ne s’attendait pas à voir surgir l’habitant de Gem4 possédé.

L’Habitant de Gem4 stoppe sa marche, s’accroupit sensiblement, écarte les jambes pour asseoir son assise au sol, ouvre les bras, poignets cassés en direction du Nékrim, bombe le torse, puis s’apprête à frapper, plaçant alors les mains derrière le dos, serrant fermement ses deux couteaux…

Soudain, le Nékrim, d’une voix caverneuse, émise par l’environnement ambiant, l’interroge dans un dialecte très ancien.

- Nekrim Jak ibé Tuok ? (Je suis un Nékrim, et toi ?)

L’habitant de Gem4 lui répond dans le même dialecte, autoritaire et agressif.

- Ga Vrok Tuok Yak TashNe Chh ! (Prosterne-toi devant ton Roi jeune inconscient)

Contre toute attente, le Géant de 2m80 s’exécute : il s’agenouille en signe de soumission.

L’Habitant de Gem4 regarde le ciel, attend quelques secondes, des nuages se dissipent alors laissant place à un halo lumineux qui irradie les environs.

- Rbâ ! lance l’habitant possédé, pointant du doigt la lumière.
- Nekrim Jaka ! (Je suis un Nékrim, Insecte), rétorque alors le Géant, agressif, disparaissant dans une trainée hormonale translucide.

Alors que le Nékrim disparaît, l’habitant de Gem4, immobile, dans la même position place sa tête en arrière, en direction du ciel, ses yeux deviennent blancs, son cerveau, son cortex plus exactement, se réinitialise, un flux d’informations y pénètre de manière continue et reformate sa mémoire. Son Cerveau est complet. Un nouveau Cortex vient d’arriver, il complémente son reptilien, une réincarnation avant l’heure, après l’heure…


Planète Zorg – Dans un Laboratoire scientifique – dans le passé

La dépouille de l’Intus, et c’est là un des qualificatifs des plus précis, gît sans vie, sans volume sur la table d’opération.

- Chh, répètent incessamment les Intus en charge la cérémonie.
- Notre Roi reviendra, après que le Monde ne sera plus Monde !

L’ambiance qui se dégage du lieu est très noire, des plus solennelles, des plus terrifiantes. Le sol déjà est maculé de liquides organiques, de sang, de bouts d’organes : une boucherie irréelle. La dépouille de plus est mutilée. Les viscères de l’Intus ont été disposés dans amphores qui débordent abondamment.

Cette scène et ce qui s’est passé là ont provoqué une souffrance telle, un degré de barbarie tel, à l’Intus, mais également à d’autres personnes, qu’elle est rentrée quelque part, dans une mémoire collective.
C’est grâce à cette boucherie irréelle que l’Intus pourra potentiellement revenir un jour à la vie, qu’un jour, dans des temps beaucoup plus lointains, un souvenir pour cet acte pourra avoir lieu et que son âme pourra ressurgir.

Aussi, les Intus n’ont-ils pas fait semblant dans le cas présent. Il s’agit de l’hypothèse de pouvoir faire revivre un Intus après sa mort.

Ce que nous n’avions pas vu précédemment : certes des Intus s’affairaient consciencieusement déchiquetant sa peau, ses muqueuses, mais certains de ses organes étaient déjà sortis de son abdomen, donnés pour proie à goûter à des animaux, présents également lors de la cérémonie ; des Intus les plaçaient sur la table, les laissaient juger périodiquement de l’à-propos de ce mets.

Si les animaux mangeaient les entrailles, l’Intus avait alors une bonne chance de devenir immortel sinon, et toujours dans leurs croyances, le passage vers l’autre monde pouvait s’en trouver compromis.

D’autre part, son cerveau avait été infesté de parasites, dès sa plus jeune enfance, et ce, à son insu ; en ouvrant la boite crânienne, un cortex constitué de plis divers et variés fut découvert par les Intus présents.

Lors de la cérémonie, l’ouverture du crâne eut pour but de libérer un liquide, fruit de l’activité alimentaire des vers, utile pour attirer des êtres dont nous n’avons pas encore évoqué l’existence : les Aeons, des êtres trans dimensionnels, mal appréhendés, mais divinisés par les Intus en ces temps.

Les Aeons sont des êtres ailés, des mutants de l’évolution, qui font leur apparition dans certaines circonstances exceptionnelles. Pour les Intus, ils seraient des Dieux.

Alors que l’Intus prononçait ses dernières paroles, les Aeons à quatre pattes se délectaient de ce nectar divin, fournissant par la même occasion au défunt la possibilité de voyager jusqu’à l’autre Monde, alors que les divers animaux présents poursuivaient leur festin.


Planète Cronus

Un Nékrim, le Marquis, entre dans ses quartiers, une pièce de dix mètres carrés.

Alors qu’il franchit le seuil de sa porte, son visage se durcit.

- Les Insectes, ils ont osé !

La pièce dans laquelle se trouve le Nékrim semble assez pauvre en éléments spatio-temporels lui permettant de quelconques représailles. Pour autant, à ses yeux, elle est d’une complexité, d’une richesse rare.

Il scanne l’environnement de la pièce, y trouve tous les détails sur ce qu’il vient de ressentir.

Sa pièce est un environnement translaté : un monde dans le monde. Tout ce qui se peut se passer dans le cosmos peut y être déduit.

Il sait que l’éternel ennemi est de retour sous une forme primitive à cause de sa décision.

La lumière dans la pièce se transforme. Elle est désormais visible sous une forme radiale.

Il rescanne la pièce, il change son niveau d’interprétation : c’est le futur proche qu’il voit désormais.

Les éléments quantiques visibles sont à prendre de manière conditionnelle, comme éléments aléatoires possibles, avec un degré de certitude réduit. Il s’agit de possibles moins possibles.

Il envisage toutes les possibilités, tourne les talons, et quitte immédiatement ses quartiers.

Il réapparait quelques instants plus tard dans un centre de Commandement Nékrim.

- Monsieur !?
- Ne procédez pas à la destruction de Gem4.
- Bien Monsieur.
- Procédez à un changement d’orbite de la planète.
- Bien Monsieur.
- Je veux qu’ils vivent, qu’ils vivent mal, qu’ils vivent dans d’atroces souffrances.
- Entendu Monsieur.
- Rendez-vous sur la planète immédiatement, l’Insecte s’y trouve.

L’Insecte en question est un mythe dans les croyances Nékrim. Il s’agirait d’un être suprême antique, représenté par un scarabée, qui aurait mis en esclavage le peuple Nékrim en des temps anciens.

Sa force quand on s’oppose à sa volonté, serait de choisir des Nékrims pour asseoir son pouvoir sur le Monde et leur rappeler leurs origines.

Nul ne sait d’où il vient, il ne choisit pas, selon les Nékrims, ses victimes au hasard, il sélectionne des Nékrims ne craignant pas la Mort, et plus volontiers de jeunes Nékrims ressentant la Vérité Antique ; les Nékrims auraient été ses fils, ses instruments durant des millénaires. Il est craint, car il est plus hégémonique que les plus hégémoniques des Nékrims.

Disparu, considéré comme anéanti, il a le pouvoir de remodeler insidieusement le Monde grâce à ses pairs et opposés, à son image, sans aucune volonté d’arriver à cette fin, mais tel est son pouvoir, aussi est-il craint. Il est une forme de Bien ancestral.

Un Nékrim de basse caste qui le croiserait le considérerait alors immédiatement comme l’un de ses sujets.

Une majorité d’Intus le vénère et aspire à son intervention depuis des lustres, pour eux, il s’agirait d’une opposition nécessaire à l’hégémonie Nékrim, avant la grande Contraction : l’unique barrière possible.


Planète Gem4b – dans le passé

Si l’on devait donner un qualificatif à la Planète Gem4b, on penserait « Origine ».

Elle est la fameuse planète liée à Gem4 qui suscite, a suscité tant d’interrogations dans les diverses générations de théologiens.

La planète Gem4b est en fait identique en tout point à Gem4. Il en est de même pour ses habitants.
Même schéma de création de la planète, mêmes attractions originelles, mêmes regroupements de matière, même taille de planètes résultantes, mêmes atmosphères, etc. De même donc, l’évolution darwiniste des deux espèces, par un hasard encore incroyable, fut identique et donna lieu aux mêmes êtres vivants.

Un point diffère : les habitants de Gem4 connaissent tous l’existence de Gem4b grâce aux croyances, sur Gem4b : seules quelques personnes se posent la question.

Également, une chose non négligeable est à prendre en considération quand on pense à ces planètes : le Temps. Elles sont effectivement distantes de quelques millions d’années-lumière.

Même si elles furent créées au même moment, relativement parlant, quand elles se regardent, chacune d’entre elles voit une vieille planète alors que dans l’absolu, elles sont identiques, au même moment. Il s’agit donc là d’un paradoxe, trouvé il n’y a pas si longtemps que cela par les habitants des deux planètes, non corrélé ceci dit par Gem4b.

Il y a longtemps et entendons, il y a vraiment longtemps, sans prendre en compte ces histoires de paradoxe temporel, sur Gem4b, se produisit un phénomène assez étrange, et c’est d’ailleurs, ce phénomène précis, qui fut à la base des croyances de Gem4.

Un autochtone s’imagina qu’il n’était pas seul dans l’Univers, plus précisément qu’une civilisation identique en tout point à la sienne devait à fortiori exister ; là où tout le monde se disait que compte tenu de la grandeur de l’Univers, d’autres formes de vie devaient exister, lui alla plus loin dans le raisonnement.

Un jour, il s’imagina pouvoir se rendre sur cette planète, il envisagea la chose et conclut que la seule solution possible pour s’y rendre, était de penser y être, et de projeter en quelque sorte son âme dans ce monde distant. Ce qu’il fit, sans grande conviction.

Le lendemain, il se réveilla sur Gem4 pensant encore être sur Gem4b. Il disparut de Gem4b. Jamais, il ne sut, il eut juste un doute. Il fut victime d’un malaise le soir de son départ, un ressenti d’accélération durant son sommeil. Le pourquoi de la chose est des plus mystérieux. Le lendemain, avec une bonne gueule de bois, il lisait dans la presse que des vaisseaux non identifiés avaient été vus durant la nuit.

Après lui, quelques autres personnes pensèrent la même chose, mais restèrent pour la plupart sur Gem4b, à cheval entre deux mondes, pour certains et plus précisément, dans le monde des morts puisque, et toujours pour ces mêmes personnes, leurs âmes navigueraient en fait entre vie et mort durant une vie biologique.

En évoluant sur Gem4, il se rendit compte quand même progressivement que quelque chose était différent, un tout différent, un tout similaire, mais différent ; il conclut à un délire passager après avoir cru que ses proches n’étaient pas ses proches, mais des sosies de remplacement. Cela hypnotisa ses pensées, aussi ne pensa-t-il jamais à cette éventualité évidente, qu’il n’était plus sur sa planète d’origine.

Ses capacités intellectuelles furent décuplées, quelques deltas environnementaux, plus quelques lois physiques très légèrement différentes, et l’alimentation, apparemment identique, le rendirent plus alerte.

Il rencontra également des problèmes d’ordre sexuel lors de son arrivée sur Gem4, la Nature tentait effectivement de freiner des unions contre nature. Les habitants de Gem4 et Gem4b étant identiques en tout point, elle céda, dupée à son tour.

Il ne repartit jamais sur Gem4b, il ne le pouvait, il mourut sur Gem4 pensant être né sur Gem4.

Ce que personne ne comprit, c’est comment cet habitant de Gem4b fut un jour identifié par une autre forme de vie avancée…


Planète Cronus

Les Récoltes.

Base essentielle de la Société Nékrim, et pour cause, les Nékrims ont de gros besoins alimentaires, elles sont au cœur de toutes les préoccupations et gérées de manière générale, assez efficacement.

Depuis bien longtemps, les Nékrims ont choisi des peuples primitifs, des animaux, comme garde-manger.
L’investissement est assez rentable, pour quelques individus introduits, et en se basant sur des théories mathématiques liées aux suites, quelques milliards d’unités de vie peuvent être récoltés au final, et ce, sur une échelle de temps somme toute réduite.

Là n’est pas toujours l’objectif lors de colonisations de planètes, mais bien souvent.

Les plaisirs de la reproduction sont la clé de voûte du système et le gage d’une bonne démographie à terme, la construction de mythes également, il ne faut pas qu’ils s’entre-tuent trop, il faut qu’ils soient heureux et qu’ils se reproduisent dans une harmonie nécessaire, aussi les religions et croyances sont-elles de rigueur. Ainsi, et généralement, quelques Nékrims se font-ils voir en début de cycle et montrent-ils quelques créatures issues d’autres planètes. Cela permet de créer donc des religions, des mythes, des croyances, indispensables encore une fois au bon fonctionnement du cycle. Il y a peu d’individus dans la population globale initiale, ce qui est donc parfait pour une transmission d’Informations optimale aux générations futures.

En général, le tout est imagé, parabolique, amorti au regard de la violence habituelle des mœurs des premières populations ; les populations primitives ont un bon fond, une certaine positivité et un certain instinct pour la survie, enfin du moins ces caractéristiques sont-elles généralement retenues par les Nékrims lors des créations d’espèces.

Le nombre de garde-mangers actifs courants qu’ont les Nékrims est ahurissant.

Ils disposent à ce jour de réserves de viande qui leur permettent de dépasser largement l’échéance de la grande Contraction. Mais il s’agit là d’une habitude, d’un mode de vie, ils sont avant tout et quelque part, des prédateurs, initialement conçus pour épurer et corriger des populations.

Le tout est réparti dans l’ensemble de l’Univers, sur pas moins de neuf mille planètes. Neuf mille garde-mangers donc qui croient, même au summum de leur évolution, être une espèce dominante, intelligente.

Quand une récolte se produit, c’est donc l’apocalypse des espèces touchées, une extinction de masse, qui ne laisse aucun survivant. Maintenant les récoltes sont mieux gérées par les Nékrims. Dans un passé lointain, ils récoltaient manuellement, se déplaçaient physiquement sur les planètes à récolter, et on assistait alors à une boucherie planétaire assez rebutante. Maintenant, et comme déjà abordés, les processus sont beaucoup plus aboutis.

Un suivi des populations et là est le côté impensable de la chose, est opéré sur chaque planète, à une maille très fine : au niveau de l’individu.

L’objectif est d’empêcher qu’une « mauvaise graine » puisse germer, qu’un simple individu de la population, et ça s’est déjà vu, puisse corrompre l’équilibre global de la chaine.

Dès fois des déplacements sont donc opérés entre mondes similaires, et ce au final, pour diverses raisons. Tel individu par exemple peut ne pas avoir sa place dans son époque, s’il était laissé là, il risquerait de tuer l’ensemble de ses congénères, ou du moins réduire leur niveau de procréation, tel autre à contrario, s’il était placé autre part, aurait un impact positif sur la récolte finale de l’autre planète.

En somme, la gestion des planètes est très complexe, mais assez bien gérée il faut le dire, par les Nékrims.

Les Nékrims ne sont pas la seule espèce à venir visiter les planètes garde-manger, mais aucune n’a jamais osé récolter à la place des Nékrims. Si, une dans le passé : elle a été immédiatement torturée et tourmentée pendant quelques millénaires.


Planète Gem4 – dans le passé

- Pourquoi crois-tu que je sois ici ? demande, en ce moment même, un Nékrim à un habitant de Gem4.
- Je ne sais pas mon Dieu, dicte-moi ta volonté ! rétorque l’homme à genoux.
- Ta chair est appétissante ! lui suggère-t-il moralisateur, s’approchant de lui, invisible.
- Mille excuse mon Dieu, nous avions faim !

Alors que le Nékrim continue de terroriser l’habitant et écoute l’incompréhension de l’autochtone, fruit de sa création, il reçoit un message via l’environnement quantique avoisinant. Il lui est demandé de rester sur la planète pour chercher le Scarabée.

En termes temporels, il s’agit d’un message qui vient du Futur. Pour rappel, pour les Nékrims, cette notion est des plus abstraites, le temps est secondaire, confondu, ils préfèrent envisager un temps global, non linéaire.

L’idée des Nékrims est simple : si l’Insecte a refait son apparition sur Gem4, c’est qu’il devait y être depuis longtemps, depuis les premières phases d’évangélisation.


Planète Gem4 – dans le passé – dans une grotte

Non loin de là, effectivement, dans une montagne, dans une grotte, un scarabée pousse devant lui un halo lumineux, soudain il se transforme, passant de scarabée, à scorpion, à homme à tête de faucon.

Il se met en marche dans les noirs dédales de la grotte marchant d’un pas lent et gracieux ; à chacun de ses pas, un soleil irradie l’environnement rendant l’endroit lumineux comme si l’on se trouvait en plein jour.

Il semble très calme, pour les Intus, il s’agirait du créateur de l’Univers. Pour les Nékrims, il n’est plus ni moins qu’un imposteur, un faux Dieu, mais un imposteur dangereux, car doté de pouvoirs considérables. En tout état de cause, une chose est certaine : son polymorphisme est abouti.

Il sait déjà que l’un de ses fils vient de naître sur cette planète, son premier fils sous cette apparence physique primitive. Ses fils sont ses représentants sur Terre, ils disposent de pouvoirs similaires, ont la même influence que lui sur le vivant, sur les opinions, le même discernement également quant à l’analyse de situations complexes, la même justesse d’esprit, la même force inhumaine, la même inhumanité quand il s’agit des intérêts de sa lignée.

Hokrus se révèle dans des circonstances exceptionnelles, bien que toujours présent dans les mondes qu’il approche. Il est le Bien exclusif pour ceux qu’il a choisis, mais non pour les masses.

Selon les Intus, il se révèle dans les mondes qu’il approche, de manière discrète ; il repère de jeunes enfants n’ayant pas peur de la Mort et les suit tout au long de leur vie. Il cherche une forme de mimétisme de vie. Cet enfant a eu la même destinée que lui, les signes l’attestent, il sera alors l’un de ses fils.

Si son fils est bafoué, ses ennemis seront exterminés.

« Mes fils seront reconnaissables : ils porteront mon Œil et celui de Rbâ, mon œil perdu, leur fera comprendre quant à lui, l’existence des deux mondes, des deux dimensions de la vie ; il leur fera voir ce que personne ne peut voir, ce qu’Hokrus voit. Dieux, ils pourront ainsi aller et venir au besoin dans le monde des Morts. Rbâ leur assurera joie et fertilité dans leur vie dans le monde des vivants » lance l’homme-faucon à la sortie de la grotte, regardant l’horizon.

« Par Hokrus, mes élus se reconnaitront ; ils se transmettront leur expérience et leur souffle de vie ; ils formeront alors une dynastie immortelle qui construira et traversera les temps même les plus avancés, et ce, même après ma mort apparente. » lance l’homme possédé à quelques pas de là, dans un espace-temps différent, dans une communion mimétique des plus étranges.


Planète Zorg – dans le passé

Des milliers d’esclaves sont en train de tirer des blocs de pierre sous les coups de fouet d’Intus. Tous les blocs semblent se déplacer selon des trajectoires étudiées convergeant vers un point unique : une construction à un étage assez imposante, base d’une future pyramide.

- Tire fils de chien ! Ton maitre épargnera alors peut-être ta vie !
- Regarde-les ! Quelle pestilence ! relance un autre garde, méprisant.

À quelques centaines de mètres là, à côté du socle en construction, de la future tombe, des pylônes assez imposants, fruit d’une technologie anachronique, diffusent une lumière violente.

Les esclaves sont hypnotisés par ce halo qui irradie la vallée jusqu’à des kilomètres à la ronde. Ils ne ressentent plus la douleur, ils la regardent, ils se sentent apaisés, dès fois ils enragent : elle semble contrôler le plus profond de leur être, leurs envies les plus discrètes, leurs âmes.

L’esclave qui vient de se faire rabrouer est hagard, son regard est vide en raison d’un déclin cognitif propre à ceux de sa condition, il est pourtant jeune, il a trente ans, des dizaines de compères sont autour de lui, pour autant il se sent seul, il les a tout simplement occultés, oubliés, il s’est déconnecté, son seul repère : la lumière.

Il n’a même pas senti le coup de fouet que vient de lui asséner le garde, un coup parmi tant d’autres, sa chair s’y est habituée.

Alors qu’il tire sans vie sur la corde qui le rattache à sa réalité, le garde s’acharne.

- Vas-tu enfin croire en ton vrai Dieu et à son fils, fils de chien !? Où est-ce qu’il n’y a vraiment rien là-dedans ? lance-t-il le molestant de coups de bâton.

Alors que le garde s’obstine à corriger l’esclave, un vaisseau spatial de taille ahurissante fait son apparition dans un ciel sans nuages, une obscurité teintée fait alors place au Soleil et à sa luminosité sans couleurs.

La scène devient particulière. Les gardes stoppent leurs activités, regardent le vaisseau passer, les esclaves quant à eux mettent le genou à terre et se reposent stressés.

- Tu crois qu’ils en ont capturé ? lance l’un des gardes.
- Le fils de Rbâ est grand…
- D’où viennent-ils !?
- Ils sont venus d’une autre planète pour nous tuer, ce qu’en disent les prêtres. Quand nous serons tous morts, ils partiront ! Rbâ les connait bien, que crois-tu !?

Les esclaves ne discutent pas, ils ne disent rien, même les échanges de regard sont rarissimes et redoutés.
L’esclave qui a été rabroué, comme les autres, à quatre pattes, tourne quand même la tête pour regarder le vaisseau.

- Qu’est-ce que tu regardes fils de chien !? Crois-tu qu’il te soit permis de regarder ton Dieu ?
- …
- Eh bien, réponds !
- Non maître.
- Des hommes animaux viendront bientôt vous aider, sois-en heureux.
- Je ne le pense pas (inaudible, marmonnant).
- Que dis-tu !?
- Rien Maître.
- Qu’a-t-il dit !? lance-t-il à l’autre garde, agressif.
- Je crois que ce chien en doute !
- Il en doute !! se met à hurler le garde en tapant violemment l’esclave.
- Il en doute !? poursuit-il de plus belle.
Il en doute !?

La violence du rabrouement atteint son paroxysme. Le garde rentre dans une folie incontrôlable, sa haine l’aveugle en fait, elle s’abat sur l’esclave, roué de coups pour l’occasion.

En ces temps, rien n’est vraiment similaire à nos temps modernes, la notion de liberté n’existe tout simplement pas. Elle est reléguée à une notion de bon vouloir de classes dominantes qui jalonnent la Société. Elle est reléguée au fait de pouvoir se nourrir, elle est conditionnée aux cultures, au climat, aux deltas et leurs bienfaits, qui n’ont pu être fournis que par les Dieux.

Précarité alimentaire, précarité quant à la satisfaction des besoins primaires plus largement, car même les activités sexuelles peuvent être contrôlées, analysées, voire réprimées au nom de quelconque idéologie vaseuse, précarité sous contrôle, plus un esclave est docile, moins il aura de problèmes.

Seul le fils des Dieux trouve à un moment de sa vie, la liberté absolue qu’il perd par la suite pour se retrouver emprisonné.


Planète Zorg – dans un Laboratoire scientifique – dans le passé

Le Lieu est désormais désert. Le corps de l’Intus a été momifié, et ce, afin de préparer son passage dans l’autre monde. Plus concrètement, il a été recouvert de bandelettes pour lui éviter d’être dévoré entièrement par les Aeons.

Ce sont les organes qui sont intéressants et source d’immortalité, non le corps sans vie, aussi ont-ils été disposés pour l’occasion dans des jarres.

Il s’agit d’une offrande pour les Aeons, l’Intus est dans leur demeure céleste sur Terre, il est leur hôte, aussi se doit-il de faire preuve d’humilité et de leur offrir, et là est le minium, les restes biologiques de son ancienne vie. Il espère être ingéré et ainsi continuer dans la voie de l’homme Dieu, mais cette fois-ci, sous une forme céleste, sous une autre forme d’existence, avant de pouvoir revenir sur Terre.

Seuls les organes comportant des cellules intelligentes, des cellules pouvant relayer la conscience du mort, des neurones, ont été placés dans les amphores.

Au bout de quelques minutes, les Aeons reviennent accompagnés, Hokrus est présent accompagné d’un homme mi-animal à tête de chien.

- Goûte sa chair… demande Hokrus à Arubis.
- Hum… répond-il en s’exécutant, éloignant quelques chiens attirés par l’odeur.
Elle est comestible ?
- Oui, vivifiante… !
- Je hais cela.
- Tu sauves ce monde des mains des Nékrims.
- Je sais, conclut-il en mangeant les entrailles.
- Tu es Hokrus, fils de Rbâ, lance un Aeon à genoux, ton éternité fera rayonner ton royaume sur Terre comme dans les cieux. Nous serons à tes côtés pour combattre les Nékrims. Quittons ce monde impur, quittons Dendérah pour Rigel. Ne te mine plus Hokrus, ton existence dans ce bas monde est désormais assurée, tu pourras revenir régner.

Hokrus pose sa main sur la tête de l’Aeon en guise de remerciement.

- Partons… lance Arubis.
- Oui, rétorque Hokrus.

Ils quittent alors le temple, suivis des Aeons pour remonter au niveau supérieur d’où part un couloir qu’ils empruntent à la hâte.

Quelques secondes plus tard, Hokrus positionne son œil devant un mécanisme assez particulier. On pourrait croire sans s’y attarder et étant anachronique qu’il s’agit là d’un quelconque bio-scan moderne, mais la chose est beaucoup plus simple : c’est un simple miroir, semblerait-il, du moins une petite surface ayant les mêmes propriétés réfléchissantes.

Hokrus regarde son reflet dans sa pupille, il s’y voit ainsi que ses compères, le groupe disparaît quelques secondes plus tard.

Ils sont partis pour le monde supérieur miroir, Rigel en l’occurrence, si l’on s’en tient aux Cartes Célestes Aeon.


Planète Gem4

Au moment où le Nékrim s’est échappé face à l’habitant de Gem4 possédé, et il est bon de s’attarder un peu plus longuement sur la vision Nékrim, son environnement s’est modifié, devant lui la notion de profondeur s’est éclipsée, tous les éléments situés à quelques mètres de lui se sont regroupés en un plan unique, plat, à deux dimensions : une sorte de contraction soudaine.

Des Aeons présents sur Gem4, traquant le Nékrim, ne purent cacher plus en avant leur invisibilité alors que l’espace se dissolvait. Le Nékrim les vit de manière très brève avant de disparaître.

Quelques secondes plus tard, il réapparaissait dans la grotte du passé où Hokrus venait de faire son apparition.


Planète Gem4 – dans le passé – dans une grotte

Les deux Nékrims, celui venant de s’échapper et celui ayant parlé à l’autochtone dans le passé, arrivent quasi simultanément à l’entrée de la grotte, qui surplombe d’une centaine de mètres une vallée fertile.

À peine apparus, ils tombent à genoux, le buste droit devant Hokrus, dans un symbole d’impuissance et de soumission, ils viennent d’être décapités, leurs têtes roulent par terre alors que leurs corps sans vie semblent figés avant de s’écouler sur le sol.

Alors qu’Hokrus d’un geste lent, mais assuré, dans un calme divin, pousse leurs cadavres du pied du haut de la falaise, une présence étrangère le surprend, il se retourne rapidement.

- Qui es-tu pour être venu me déranger ? lance Hokrus immobile ayant attrapé avec force de la main la gorge de l’inconnue.
- C’est moi Istis, ta mère, calme-toi.
- Nous avons de nouveaux ennemis mère, rétorque Hokrus mal en point.

Istis s’accroupit pour inspecter l’un des Nékrims.

- Hum, une race irrespectueuse, contaminante, dominatrice.
- Ils sont dangereux Hokrus, très dangereux, même pour nous, il faut les fuir. Ils sont capables de nous empêcher de bâtir.
- Ce monde ne leur appartient pas, c’est ce qu’ils veulent, ce qu’ils voudront.
- Ils sont perfides, en fait ils nous haïssent, complotent dans l’ombre pour atteindre nos âmes, notre discernement et ainsi pouvoir parvenir à leurs bas objectifs. La seule manière de les combattre sans être atteints est de devenir comme eux, le souhaites-tu Hokrus ?
- Non, je trouverai une autre solution.
- Tu ne le pourras pas.
- Pourquoi dont ?
- Il s’agit du mal Hokrus, le mal surgit.
- Dans ce cas, je les asservirai ! conclut-il en poussant le deuxième corps dans le vide.

Istis esquisse un sourire, elle sait que son fils les asservira.
Alors qu’elle le soutient, Hokrus se sent mieux, il se résigne à l’idée d’avoir été contraint de les tuer tous les deux.

- Il te faudra rapidement choisir un fils, Hokrus, avec Rbâ.
- Je sais.
- Qui choisiras-tu ?
- Je ne sais pas encore, celui qui saura préserver mon unité.
- Notre monde sera toujours supérieur Hokrus, leurs univers sont primitifs.
- Notre monde sera envié et prisé par des primates qui souhaiteront se revendiquer de nos valeurs et de nos croyances, ils nous traiteront en même temps de barbares sanguinaires dans un doux futur, oui je le vois.
- Nous nous éteindrons ?
- Oui, de par leur inversion perverse, mais nous renaitrons.


Planète Gem4 – Dans le village

L’habitant possédé de Gem4 est le nouveau fils désigné de Rbâ et d’Hokrus.
Il ressent assez rapidement que le Nékrim qui vient de disparaître du village, qui n’a pas voulu s’agenouiller, est mort. Il ne sait pour autant l’expliquer, tout comme le pourquoi de la Force qui l’a investi.

Une source de rayonnement électromagnétique est soudain expulsée de son corps et propagée à intervalles réguliers autour de lui. Le phénomène est semblable à un caillou qui serait jeté dans une mare : des cercles concentriques vibratoires sont matérialisés périodiquement par l’atmosphère ambiante.

Des villageois médusés à proximité, ayant suivi la confrontation avec le Nékrim, sont de nouveau les témoins d’un phénomène inhabituel ; abasourdis, ils se mettent à affluer vers l’habitant.
Ils croient voir ce qu’ils n’ont jamais vu : l’apparition d’un être de Gem4b.

L’habitant possédé n’y prête pas attention, il scrute juste l’horizon, un point noir est en train de se matérialiser sous les yeux hagards des villageois. L’horizon est effectivement devenu particulier, Terre et Ciel semblent se confondre formant un tout unique. Une vision rare, particulière qui se rajoute à l’étrangeté des évènements. Une vision dérangeante quelque part, une source d’inquiétude et d’anxiété. Le point noir se transforme en fait progressivement en faucon, volant majestueusement vers le village ; son vol est caché de manière intermittente par l’étoile de Gem4, une étoile G2V proche des caractéristiques de notre Soleil, venant perturber cette apparition surréaliste.

- Nous sommes le peuple des Faucons ! lance l’habitant, solennel, royal, chamanique, alors que le faucon se pose sur son bras.


Dans le système de Rigel – Planète inconnue

Le petit Groupe évolue d’un bon pas dans un couloir jalonné de Cartes du Monde, de Cartes des Deux Mondes si l’on devait être tout à fait exact, les fameuses Cartes Aeon : des cartes présentant et corrélant par superposition des lieux géographiques de mondes Célestes et Terrestres, désignés comme tel, du Haut Monde et du Bas Monde, du système de Rigel, d’Orion plus généralement et des systèmes qualifiés d’inférieurs dont font partie les planètes Zorg, Gem4, etc.

Ces corrélations entre Haut Monde et Bas Monde constituent l’un des piliers des croyances Historiques Intus, de croyances et de secrets détenus plus exactement par les Grands prêtres Intus, les hauts niveaux théologiques de la Société Intus et surtout d’Hokrus-Rbâ, homme-Dieu, fils choisi d’Hokrus, premier représentant religieux et spirituel du peuple hérité des Faucons.

Les Hauts Mondes et les Bas Mondes, et ce sont là des vues d’esprit, mais des vues d’esprit étendues à une réalité peu connue comme nous le détaillerons par la suite, sont appréhendés mathématiquement si l’on peut dire, entendons quant à la stricte relation et aux strictes corrélations les unissant, les principales propriétés mathématiques usitées étant la Symétrie et les Translations.

Haut Monde et Bas Monde forment au final un tout confondu, à l’instar d’Hokrus et de son fils, divinisé pour l’occasion. En fonction du lieu d’Observation, Haut Monde et Bas Monde en viennent à se confondre si l’on en retire des notions sous-jacentes de Castes, d’infériorité, de supériorité, ils deviennent des mondes tout simplement reliés où, assez aisément, l’Information est propagée entre deux êtres d’espaces-temps différents et plus largement, où le cheminement de vie croisé de deux êtres devient pour l’occasion les figures d’une Vie Universelle.

Alors qu’une Carte Aeon dévoile un maillage assez complexe d’un secteur de l’Univers, terminant par la même occasion cette longue galerie, soudain Hokrus fait stop. Son œil gauche l’interpelle pour lui suggérer des informations, des vérités. Ce dernier a un doute, il décide de lâcher un faucon pour en vérifier leur véracité. Tel un voyant, il poursuit ses activités tout en suivant son évolution.


Quelques secondes après notre Big Bang

Black-Out.
Fin inattendue toute en étant attendue de cet instant à l’instar de la vie.

Nous sommes dans notre Univers, quelques secondes après le Big Bang, après l’Ère de Planck, le Monde originel vient de disparaitre soudainement et dans la perception de vie multitemporelle de nos deux espèces évoluées, il s’est éteint sans prévenir, dans tous les temps, dans toutes les réalités, dans toutes les perceptions, tel un vieux poste de télévision diffusant un film qui aurait été mis en stand-by pour ne laisser place qu’à un point cathodique et à un néant existentiel.

Toutes les intrigues en cours, les guerres, les oppositions, les mythes se sont effondrés comme d’un revers de la main.

Rien n’a résisté au phénomène, Dieux, formes de vie, structures célestes, matière, le déclenchement fut brutal, immédiat, propagé, atemporel et surtout d’une rapidité inversement proportionnelle aux quelque quinze milliards d’années d’Histoire de cet Univers.

Pour les espèces les plus primitives, plus ancrées dans les temps linéaires, comme celles de Gem4 et Gem4b, une lumière aveuglante venue du ciel assortie d’un phénomène d’aspiration fut uniquement observée.
Les autochtones n’ont pas eu vraiment le temps de comprendre, ils se sont sentis partir dans leur réalité vers un tunnel étrange, où des êtres particuliers, les Aeons, leur emboitaient le pas.

Les transmissions d’informations fournies par les Intus pour le monde d’après sont sur les rails.
On peut parler d’un succès au regard du rôle de garde-fou qu’ils souhaitèrent assurer.
Le nouvel Univers comme ses prédécesseurs dispose d’un patrimoine de savoir non négligeable permettant l’« impulsion positive » de nouvelles auto-organisations intelligentes, stellaires, planétaires, et biologiques.

Les Nékrims quant à eux ont également réussi leur pari, leurs descendances arrivent en nombre significatif dans la matière noire afin d’orienter l’Histoire de la Gravité de l’Univers n+1, et par voie de conséquence, conditionner l’Évolution vers des formes de vie combattantes et animales.