
| L'Agent temporel-3 | Science-Fiction Zone 51 Echelle de Kardashev Exobiologie |
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Notre agent temporel, celui auquel nous nous intéressons maintenant, ne fait pas encore partie de ce service secret en charge de la contre-exploration des civilisations extraterrestres.
Il mène une vie tout à fait normale, il a une copine, un chien, qu'il promène tous les jours.
Il est au chômage, ceci dit.
Pour lui, le monde est bel et bien tel qu’on lui a raconté : les extraterrestres n'existent pas, sauf au cinéma.
Tout ce que l'on voit au cinéma sur la question n'est que fiction.
Mais attardons-nous sur ce fameux service, qui ne porte pas de nom, car il n'existe pas tout simplement pas officiellement, il est secret, avant d'expliquer ce qui lui est arrivé.
Toutes les personnes qui peuvent y trouver une place ont une particularité.
On ne peut pas décider d'y rentrer sur la stricte base de compétences, en envoyant un CV.
Elles doivent avoir été approchées par des civilisations tierces, qu'elles soient temporelles ou extraterrestres.
Le service ne dépend d'aucun gouvernement, les élus sont juste des représentants choisis pour rencontres par des pouvoirs extraterrestres.
Une fois approchées, le service en est informé.
Comment ? Pourquoi ? Ne me posez pas la question, je n'en ai aucune idée.
Les nouvelles recrues sont alors victimes d'un lavage de cerveau via neurotoxique, léger, transmis généralement par les proches, eux-mêmes ciblés pour d'autres raisons, qui provoque dix ans plus ou moins d'instabilité psychique chronique, ainsi que des comportements déviants.
La période de quarantaine, qui peut durer jusqu'à une vingtaine d'années, ou ad vitam aeternam, selon le nombre de contraintes à résoudre.
En gros leur cerveau est rendu inopérant en première phase, puis "il se reconstruit afin d'atteindre certaines capacités", et ce pour la version officielle.
Dans les faits, une rencontre d'ultra terrestres par exemple, ouvre en réalité certaines capacités cognitives, natives du cerveau, et pour certains, et nous le verrons plus tard, des habilités plus que gênantes.
On pourrait crier ici au scandale, mais le secret se doit d'être protégé, ainsi que les "approchés" eux-mêmes, qui pourraient se retrouver dans la peau de cobayes à disséquer.
Ils sont ainsi placés immédiatement sous protection par le service.
Mais poursuivons notre histoire.
La rencontre de notre agent, de quatrième type pour l'occasion, s'est effectuée comme suit.
Ce matin-là, il se leva dans un piètre état pour une raison mal appréhendée, il se mit à errer, à marcher sans but dans les rues de sa ville.
Le meilleur qualificatif que l'on pourrait donner à son état serait "état de confusion mentale haut".
La veille dans son appartement, et repose probablement là les raisons de son état, il fut le témoin d'une manifestation physique perturbante.
Des halos de lumière concentriques d'hauteur d'homme se mirent à vibrer dans le flux traditionnellement invisible et sans motif de son éclairage ambiant.
Une sorte de porte en gestation.
En avance de phase donc, et au regard de la rencontre, il était déjà dans un état second.
Il ne ressentait pas de peur particulière, mais semblait chercher quelque chose, du moins pour un observateur qui aurait pu le croiser.
Lui de son côté ne ressentait pas forcément cela, mais sa désorientation l'inquiétait pour autant.
Après avoir erré toute la journée, s'être même échappé de la ville dans son périple, il décida de rentrer chez lui.
Il ne faisait pas encore nuit, il se souvient alors d'avoir fermé la porte, puis black-out.
Par black-out, entendons, aucun souvenir d'une période de temps approximative de quatre ou cinq heures.
En revenant à lui, il se retrouva allongé sur son lit, sans souvenir de s'y être allongé.
La nuit était tombée.
Cela le perturba, mais pas plus que ça.
Il regarda l'heure, puis attrapa immédiatement son téléphone portable dans l'idée de passer à un appel à sa copine, qui l'attendait pour aller diner.
Son rythme de pensées était lent, il s'attarda un peu sur son téléphone, comme si son inconscient lui disait de chercher quelque chose.
Le téléphone en question était un téléphone mobile classique, sans Internet, de ceux que l'on pouvait acheter vers les années 2000.
Il zappa sur sa photothèque, sans but, et tomba sur l'inouï.
Une photographie d'extraterrestres, d'ombres pour être plus exact, dont la forme se rapprochait de celles d'extraterrestres.
Conclure avec certitude que ça en était serait folie, conclure l'inverse tout autant.
Au nombre de deux ou de trois, ils posaient fièrement devant l'objectif !
"C'est une blague ?" monologua-t-il alors dans une inquiétude de mise.
Après avoir repris, quelque peu, son calme, il rentra dans la phase d'analyse de la photo.
Son premier réflexe, et il était le plus cohérent, fut de voir si cette photo, avait pu être shootée dans son appartement en comparant les conditions d'éclairage ambiant.
Quelle ne fut pas sa surprise quand il découvrit que oui.
La photographie a été prise, alors qu'il n'était pas allongé, probablement adossé au mur de sa chambre, dans les mêmes conditions d'éclairage.
Aucun doute, la photo a bel et bien été dans son appartement.
Pourquoi fit-il cette comparaison, car sa raison lui disait que son téléphone avait été probablement piraté, phreaké.
L'explication la plus simple était à ses yeux la meilleure.
D'ailleurs, même après cette découverte, son intellect se refusa à le croire, et ce, pendant des années d'ailleurs.
Son deuxième réflexe fut de ne pas rester seul.
Il fallait qu'il retrouve immédiatement une compagnie humaine, pour échanger, obtenir un avis tiers.
Son appel à sa copine était prévu, mais la retrouver devenait une urgence.
Quand elle arriva, il lui expliqua.
Elle fut atterrée et lui, s'énervait de plus en plus, en raison de son erreur de discernement autour du piratage, opinion qu'il ne souhaitait pas contredire.
L'échange tourna court sous le coup des énervements envers la situation.
Il prit alors la décision d'aller au commissariat pour porter plainte.
Idée totalement stupide, mais motivée par son impulsivité.
S'il avait su à cet instant ce qu'il allait redécouvrir là-bas, il s'en serait bien privé.
Un commissariat est donc un lieu où rien n'est anormal.
Les policiers ont généralement un look qui se confond au décor, ils sont stéréotypés et inspire du sérieux.
Quand il fut reçu à ce guichet d'accueil par ce fonctionnaire, il se demanda si tout cela relevait de la supercherie.
Un black que l'on ne peut pas voir dans un commissariat, non définitivement pas.
Des yeux hypnotiques, une chaine de cou avec un pendentif à son extrémité doté d'une série de symboles que personne n'a jamais vu sur Terre.
Quelqu'un qui ne vient pas d'ici en somme, et que l'on ne trouve certainement pas dans un commissariat, car il ressemble plus à un membre de secte qu'un policier.
Il le nota rapidement puis en vint à l'essentiel armé de son portable.
- J'ai des photos d'extraterrestres sur mon portable, je pense que l'on m'a piraté, c'est quoi ça ? lança-t-il autoritaire.
Autoritaire, car dans son esprit, et il bloquait sur cette idée, tout cela n'était probablement qu'acte de malveillance.
Aussi, était-il sans filtres même à l'égard du policier.
- Montrez-moi.
- ...
- Non, je ne vois rien.
- Vous plaisantez ou quoi ? On discerne quand même quelque chose, c'est étrange, non ?
- Voyons, remontrez-moi...
Non je ne vois rien, conclut alors le flic, sûr de lui.
Notre futur agent alors se tut, pensant plus que fortement "il se fout de ma gueule celui-là ?".
Il voulait trouver un réconfort, que quelqu'un lui dise "Oui votre téléphone a bien été piraté".
En retour, l'impensable se produisait.
Personne ne voyait ce qu'il voyait.
Le sol se dérobait sous ses pieds.
Sa copine qui subissait ses frasques depuis pas mal de temps, car l'approche avait en réalité provoqué plus qu'un phénomène physique étrange, se taisait, acquiesçant quand même pour lui donner contenance, et concilier de son comportement vis-à-vis du flic.
Leur retour à l'appartement ne se fit pas attendre.
Son état d'esprit alors évolua.
Il sentit un risque haut quant à garder cette preuve sur son téléphone.
Il ne comprenait pourquoi, son instinct lui dicta.
Il l'effaça sans remords.
La réalité était toute simple.
Ces êtres interdimensionnels qu'il avait photographiés allaient repartir un jour ou l'autre dans une autre dimension.
Garder cette photo selon lui, à ce moment de l'histoire, dans son raisonnement limité perturbé par la complexité d'une digestion morale des évènements, était acte de suicide, alors que non intrinsèquement pour la photo, mais...
Mais quand ils allaient repartir, qu'adviendrait-il de lui, notre héros ?
L'impossibilité définitive qu'il n’a jamais pu les voir ? Ce qui semblait en l'occurrence être déjà la position des personnes consultées.
L'impossibilité complète que lui, peut même être là, dans notre dimension, s'il les a effectivement vus et qu’eux ne sont plus là ?
Autant de questions déjà présentes dans son inconscient, de manière latente, qui ne pouvaient pas trouver de résolution immédiate.
Le service secret, quant à lui, savait déjà, connaissait les implications pour sa vie future.
Ils avaient déjà les réponses à ces questions.
Quand les ultra-terrestres (c'est le nom donné à ces êtres) allaient repartir dans une autre dimension, lui développerait naturellement des capacités à percevoir une réalité augmentée.
Lui, et c'est d'Homo Sapiens dont on parle plus largement, n'a pas la capacité à se déplacer autre part, dans une autre dimension.
En revanche, l'esprit humain et la Nature sont contraints d'apporter une réponse, une cohérence face à l'impossible.
Et cette cohérence passe par une augmentation cognitive, recherchée, prisée par ce service secret.