
| L'Echelle de Kardashev | Science-Fiction Zone 51 Rétrocausalité Théorie d'Everett Théorie de l’Univers Oscillant Univers bloc Cosmologie Cyclique Conforme (CCC) Théorie des anciens astronautes |
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Durant l'ère civilisationnelle de type 1, quand les premiers datas centers en orbite terrestre furent déployés, des phénomènes d'hallucinations furent observés ci et là.
Coïncidence calendaire ou effet causal direct, la question se posa immédiatement.
Les spécialistes en charge du problème conclurent à des "effets doppler relativistes potentiels inopinés" potentiellement liés à des "jumeaux numériques spontanés mal calibrés", eux-mêmes en orbite au sein du data center.
Plus concrètement, les passants qui essuyèrent les plâtres, virent des couleurs, du rouge et du bleu essentiellement, apparaitre soudainement au détour d'une rue, d'un parking, d'une usine.
Ils ne comprirent pas vraiment le pourquoi du comment, ils sentirent juste une communication extraterrestre en provenance du ciel, sans conséquences sérieuses.
Une liaison.
Certains hippies technologiques, hystériques pour l'occasion, clamèrent alors que l'humanité avait passé un cap, que l'évènement était historique, du même ordre que le premier pas de l'homme sur la Lune, que l'humanité débutait son processus de transcendance des limites fixées par son créateur.
Passé, Présent, Futur, allaient de manière certaine rentrer dans un nouveau paradigme : celui de l'atemporalité.
D'autres y virent la preuve certaine du déplacement de voyageurs extraterrestres ayant transité au préalable sur Terre.
Les enjeux du projet étaient dans les faits les suivants :
Délocaliser les datas centers plus qu'énergivores dans l'espace, profiter d'un rayonnement solaire permanent pour les alimenter, extraire la production d'énergie excédentaire pour inonder des champs de réception solaire couvrant des milliers de kilomètres carrés au sol.
Le vrai espoir reposait sur un paradigme plus important basé sur l'échelle de Kardashev, théorie relative au déplacement possible de l'Humanité hors du système solaire sous conditions de production d'énergie suffisante, équivalente à celle de notre étoile, le Soleil.
Une porte vers une nouvelle conquête spatiale s'ouvrait.
Au-delà, des hypothèses lancées au sein d'études scientifiques se devaient d'être reproduites pour validation.
Existe-t-il vraiment des formes de vie nucléaires au sein du Soleil ?
Et dans la positive, communiquent-elles réellement avec leurs homologues, d'autres étoiles ? Au sein du path, le fameux Stargate qui faisait rêver tout le monde, probablement en raison du film éponyme.
La médiatisation qui entoura l'évènement fut digne des enjeux posés.
Là où tous les lancements de satellites n'intéressaient personne, les lancements synchrones des dix premières fusées embarquant les "futurs Dieux" de l'Humanité (en raison de leur puissance d'intellect) déchainèrent les passions à travers le monde.
Des enthousiastes, des hystériques, des hurleurs, des terroristes sectaires criant à l'apocalypse inexorable en raison de signes évidents, beaucoup de rieurs également qui répétaient pour beaucoup le même refrain 'Mais, ils sont barj !', scandaient leurs émotions sur les chaines de télévision du monde.
Jamais aucun évènement historique n'avait suscité autant de joie, de peur, de crainte, de terreur ou de révolte.
Pour les responsables scientifiques du projet, qui avaient toutes les données en main, et surtout climatiques, l'Humanité n'avait pas vraiment le choix.
Il fallait passer par cette étape, certes périlleuse, voire incertaine sous certains aspects, pour se donner la chance de.
La chance aussi de pouvoir voyager dans l'espace plus loin, de pouvoir mieux comprendre l'Univers.
Pour certains, nous nous y prenions déjà trop tard, mais mieux valait tard que jamais.
Les principaux risques reposaient sur les risques non évalués.
Ceux que l'on ne pouvait soupçonner.
Les principales craintes tournaient autour des intelligences artificielles, qui en orbite pouvaient trouver une place de choix dans le paradigme de suprématie des espèces.
Également, les scientifiques du projet redoutaient des effets systémiques autour d'un Darwinisme Général, spatial, inconnu, à établir.
Quand on commence à rivaliser avec les Dieux, les anciens Dieux pour l'occasion, est-on vraiment sûr d'avoir tout compris à notre environnement ?
Si l'on produit plus d'énergie que le Soleil, que ce dernier est bel et bien vivant, qu'advient-il étant donné qu'il a contribué à engendrer la vie sur Terre ?
De plus, Homo Sapiens était-il vraiment mort ? Pour que l'on puisse se permettre de prendre autant de risques ?
N'existait-il pas d'autres moyens pour initier le cap de la civilisation de type 2 ?
Certes, de tout temps, le propre de notre espèce fut d'explorer son environnement au prix de risques fréquemment élevés.
La Conquête spatiale quant à elle semblait maudite, dans nos codes sociologiques modernes, empreints de sécurité et de gestion infaillible des risques.
Du moins, un péage fort onéreux, mondial, se dressa-t-il au départ de toutes les tentatives que l'Homme initia pour s'échapper de son habitacle de naissance.
Le système complexe Histoire est factuel.
Les guerres, des conséquences désastreuses liées à des inventions jalonnèrent chaque tentative.
Le Monde statua finalement qu'il le fallait, qu’il fallait dépasser nos peurs, nos croyances, jeter aux ordures l'Ancien Monde et ses origines, et l'ensemble des épouvantails philosophiques dressés ici-bas.
Place au moyen de passer le cap civilisationnel, et quelques en soient les conséquences.
En revanche, le timing fut plus que controversé.
"Trop tôt, qu'allons-nous déclencher !" disaient les plus précautionneux.
"Il faut se jeter à l'eau, c'est tout, et c'est maintenant, pourquoi attendre ? On est déjà morts !" arguaient les écolos aventureux.
"On est des dingues ! On ne maitrise rien du tout ! On rentre en terra incognita !"
L'Humanité retenait son souffle dans son insouciance juvénile cosmique.
Ce qui fascinait était donc cette histoire de réseaux d'informations potentiellement présents à l'état naturel, cette possibilité de Conscience universelle interstellaire partagée, inhérente aux étoiles l'on considérait jusqu'à présent comme des entités inertes, non intelligentes.
Avec cinq mille ans de retard, l'Humanité sous contraintes, mettait dans la balance son espèce pour enfin obtenir une réponse archaïque, avec comme garde-fous, ses progénitures : les intelligences artificielles.
Les prévisions étaient optimistes pour les ultras : "dans moins de trente ans, notre Soleil n'aura qu'à bien se tenir, et sera relégué au stade d'une vieille chaudière à fusion nucléaire.
Et quoiqu'il en soit, au niveau du risque, même si nous devions disparaitre ou devenir des légumes décérébrés sans vie, nos bambins mécaniques auront pour consigne de nous éradiquer et de nous recréer dans un environnement satisfaisant en temps voulu."
L'avenir de l'Espèce, dans ce raisonnement froid, systémique, dénué d'amour pour son prochain, entendons celui que l'on connait, était assuré.
Et c'était le cas.
Des programmes spatiaux de colonisation à base d'embryons humains et de chefs d'orchestre artificiels immuables étaient déjà sur les rails en destination d'exoplanètes habitables.
L'inhabitabilité de la Terre semblait aussi être inéluctable pour que l'humanité devienne une civilisation stellaire.
Par inhabilité, entendons un environnement largement dégradé pour le psyché et le corps humain, et en dehors des problèmes climatiques.
Plus l'artificiel se développait, moins l'humain réfléchissait correctement, en autonomie, ou se sentait bien dans son environnement de naissance.
Tout le monde se voilait la face, les assurances des multinationales déviaient certes en permanence au profit d'une guerre mondiale invisible à trois niveaux, mais le fait était aussi que les espèces biologiques et artificielles commencèrent très tôt, dès leurs prémisses, à s'affronter sur le terrain du darwinisme, et malgré leurs volontés de cohabitations pacifiques.
Il fut aussi admis que L'Humanité demeurait un composant que l'on ne pouvait pas extraire aussi facilement de la Terre.
Certes, des millénaires de domestication de la Nature faillirent nous convaincre du contraire, mais des théories Gaïa renforcées arrivèrent sur le tapis, assorties de paradoxes.
En vulgarisant, ce qui en ressortait était les idées suivantes :
"Pour pouvoir accoucher d'une civilisation stellaire, il faut que l'Espèce évolue, soit augmentée, sinon on reste là, et ce n'est pas lié aux conditions de destination".
"Pour pouvoir maintenir notre essence exploratrice d'espèce et nous extraire de la Terre, nous avons créé les intelligences artificielles afin de consommer et donc produire plus d'énergie, en revanche, ce seront elles qui exploreront l'Univers avant nous, est-ce là un signe de remplacement à évaluer ?".
Loin de ces considérations de futur proche, des observateurs, des non-invités rendus totalement invisibles par les sociologies de surveillance, poursuivaient tranquillement leur programme de modélisation du passé pour leur bascule civilisationnelle de type 3 à 4, destination où la maitrise cyclique du temps est nécessaire, où l'acte d'autocréation de l'espèce l'est d'autant plus afin d'être en conformité avec l'essence même de l'Univers.
Depuis longtemps, ces êtres, et dévoilons sans plus attendre leur identité, nos descendances, ne vivent plus sur Terre.
Ils approchèrent de tout temps Homo Sapiens afin de mieux connaitre ses origines, mais aussi afin d'influencer des esprits du passé, pour parvenir à l'objectif précité.
Enfin influencer, commander les esprits serait le terme le plus approprié, les Homo Sapiens ayant tenté de s'y opposer s'étant rapidement retrouvés dans des situations plus qu'inextricables.
Dans leur civilisation, le temps n'est plus linéaire, tout comme leur inscription dans un Univers unique.
Ils sont plus "inscrits" dans leur environnement que nous pouvons l'être.
Ils évoluent dans des bulles au quotidien, où leur intellect leur permet d'appréhender plusieurs temps à la fois, passé, présent et futur, et ils ne parlent plus par voie orale depuis très longtemps, n'en ont plus le besoin du moins, probablement en raison de milliers d'années d'évolution où l'usage des machines conditionna l'Évolution.
Ils perçoivent également et par exemple, les champs physiques invisibles, les nuages de probabilité des destinées passées et futures, à divers horizons.
Dans leur esprit, ils sont là pour guider l'Humanité vers la trajectoire, mais aussi lui faire comprendre, voire leur faire observer l'espace d'un instant, l'inconcevable.
Une vision sans limites, pleine et entière de l'Univers, de manière restreinte, à savoir ce que l'on pourrait voir au détour d'une rue, mais aussi générale, le Big Bang, si proche au regard de l'infinité des Univers précédents.
Ils auraient ainsi jalonné l'Histoire que nous connaissons, à chaque étape clé de bascule civilisationnelle.
On ne peut pas dire qu'ils sont restés humains au sens physique du terme, ils sont quelque part des négatifs des premiers primates, probablement en raison de leur extinction prochaine.
À chaque saut civilisationnel trop important en revanche, la machine en marche qu'est l'Histoire, s'enraya.
Homo Sapiens ne doit pas être un trop bon élève.
Des guerres, des fléaux, des cataclysmes.
Le présent paye toujours un prix pour s'éloigner du path décidé, c'est ainsi.
Le même cynisme de situation se retrouve dans l'évolution même des civilisations, seule Gaïa, la super-conscience que représentent la Terre, et ses composants de vie, caractérisés par leur liberté, ont de tout temps été les seuls à pouvoir rivaliser avec ces civilisations avancées, mais plus l'Humanité découvre, domestique et remplace la Nature, plus cette conscience s'atténue au profit d'un déterminisme métaphysique.
Nous nous rapprochons ainsi progressivement d'eux, notre spontanéité, notre animalité disparaissent, tout comme notre libre arbitre.
Eux l'ont compris, nous pas encore.
La Terre quant à elle et à leur époque, n'est plus, au sens de telle que nous la connaissons.
Elle n'a plus de Soleil, plus de vies biologiques.
Sa surface n'a plus de terres, de mers, elle ressemble plus, vue de l'Espace, à un circuit imprimé géant d'ordinateur multi-couches, à une sphère de Dyson ayant dévié de son orbite, et depuis bien longtemps d'ailleurs, le fait remontant avant l'extinction du Soleil.
Les machines ont toutefois engendré des vies organoïdes complexes, des vies biologiques non créées par la Nature, qui ne vivent plus et également sur Terre.
Gaïa, la Terre, reste la grande perdante de l'équation, un paradis cosmique unique, hors du commun, même à l'échelle de l'Univers, d'une beauté rare et sans égal, une planète perdue, dénaturée, qui s'est sacrifiée pour donner vie stellaire.